Affichage des articles dont le libellé est Octobre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Octobre. Afficher tous les articles

mardi 5 octobre 2021

Octobre

Automne doré, Laurentides, 1921, par Clarence Gagnon (1881-1942)




   Le ciel est tout couvert de nuages marbrés.
   L'écho vibre au lointain comme un bronze d'alarmes.
   Chaque nuit le gel mord les rameaux diaprés,
   Et les feuilles des bois tombent comme des larmes.

   Il vente, il grêle, il pleut. Les lourds torrents gonflés
   Dans les vallons déserts grondent comme les fauves.
   Pour des bords plus cléments les maestros ailés
   Désertent, inquiets, les bosquets demi-chauves.

   Des rayons hésitants tombent comme à regret
   Du sobre firmament sur la terre alarmée...
   Adieu les fleurs ! Adieux les chants sous la ramée !
   Adieu les rendez-vous au bord de la forêt !

   Mais, comme le flambeau divin de l'Espérance
   Fait envoler la nuit de tout cœur douloureux, 
   Le radieux soleil percera de ses feux
   La brume qui dérobe aux yeux l'azur immense.

   Midi flamboie encore, et les pêcheurs, toujours
   Patients, sur les eaux laissent flotter leurs lièges ; 
   Les vieux trappeurs, campés au fond des grands bois sourds,
   Le fusil sous le bras, vont visiter leurs pièges.

   De l'aube jusqu'au soir, sur le sol morne et froid
   Qui berce au vent sapins, ormes, frênes, érables, 
   Retentissent des chocs sinistres, formidables, 
   Où se mêlent des cris de triomphe et d'effroi.

   Ce sont les défricheurs qui causent ces vacarmes :
   Avec le fer brutal ils renversent les fûts
   D'arbres portant jusqu'à l'éther leurs fronts touffus...
   Et les feuilles toujours tombent comme des larmes.

                                        William Chapman (1912)



Tiré de : William Chapman, Les fleurs de givre, Paris, Éditions de la Revue des poètes, 1912, p. 65-66. La série «L'année canadienne», d'où provient le poème ci-haut, a été publiée pour la première fois dans le numéro de janvier 1911 de la Revue canadienne.

Pour en savoir plus sur William Chapmancliquer ICI

De William Chapman, les Poésies québécoises oubliées ont également présenté: Janvier ; Février ; Mars ; Avril ; Mai ; Juin ; Juillet ; Août ; SeptembreÀ Percé ; L'île d'Orléans ; Sur la tombe de Lucien Turcotte. 


William Chapman (1850-1917)

(Source : BANQ)

Le poème Octobre, ci-haut, est tiré du
recueil  de William Chapman, Les fleurs de
givre
, que l'on peut télécharger
gratuitement ICI

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir) 

Dédicace manuscrite de William Chapman à
Jean-Baptiste Caouette dans Les fleurs de givre.

(Collection Daniel Laprès)


Procurez-vous l'un des quelques exemplaires encore disponibles 
de Nos poésies oubliées, un volume préparé par le concepteur 
du carnet-web des Poésies québécoises oubliées, et qui présente
100 poètes oubliés du peuple héritier de Nouvelle-France, avec
pour chacun un poème, une notice biographique et une photo
ou portrait. Pour se procurer le volume par Paypal ou virement 
Interac, voyez les modalités sur le document auquel on accède
en cliquant sur l'image ci-dessous. Pour le commander par
VISA, cliquer ICI.


Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

jeudi 1 octobre 2020

Octobre

 

Allégorie de l'automne canadien,
par Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté.

(Source : Musée national des Beaux-Arts du Québec)




   Les feuilles des bois sont rouges et jaunes ;
   La forêt commence déjà à se dégarnir. 
   L'on se dit déjà : l'hiver va venir,
   Le morose hiver de nos froides zones.

   Sous le vent du nord tout va se ternir...
   Il ne reste plus de vert que les aulnes,
   Et que les sapins dont les sombres cônes
   Sous les blancs frimas semblent rajeunir.

   Plus de chants joyeux ! Plus de fleurs nouvelles !
   Aux champs moissonnés les lourdes javelles
   Font sous leur fardeau crier les essieux. 

   Un brouillard dormant couvre les savanes ;
   Les oiseaux s'en vont, et leurs caravanes
   Avec des cris sourds passent dans les cieux ! 

                                 Louis Fréchette (1879)



Tiré de : Louis-H. Fréchette, Les oiseaux de neige, Québec, C. Darveau imprimeur, 1879, p. 23-24. Octobre, ci-haut, est le dixième d'une série, intitulée L'année canadienne, de douze sonnets de Louis-H. Fréchette.

Pour en savoir plus sur Louis-H. Fréchette, voyez ICI et ICI.


De Louis-H. Fréchette, les Poésies québécoises oubliées ont également présenté : 


Procurez-vous un exemplaire de l'édition unique et limitée de l'album 
Nos poésies oubliées, sorti de presse le 3 septembre 2020, qui présente
100 poètes oubliés de chez nous, avec pour chacun un poème, une 
notice biographique et une photo ou portrait. L'album est disponible
seulement sur commande. Voyez les informations à la page 3 du 
document que vous trouverez en cliquant sur l'image suivante : 


Les oiseaux de neige, recueil de Louis Fréchette,
d'où est tiré le sonnet Octobre, ci-haut.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Louis Fréchette (1839-1908)

(Source : Québec éternelle
, p. 116)

Dédicace manuscrite de Louis Fréchette dans son troisième
recueil de poésies, Pêle-mêle, paru en 1877.

(Collection Daniel Laprès ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)


En 1880, Louis Fréchette devient le premier écrivain issu du Québec à remporter
le prix Montyon de l'Académie française pour son recueil Les Fleurs boréales.
Ce volume, d'abord paru à Québec, en 1879, chez l'éditeur Darveau, fut à cette
occasion publié à Paris dans une édition incluant Les oiseaux de neige.

L'illustration de droite, où l'on voit Fréchette ainsi que la coupole de
 l'Académie française où le poète fut solennellement reçu, se trouve
à l'intérieur de l'édition parisienne des Fleurs boréales.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Louis Fréchette, dessin de Henri Julien.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir ;
source : Album Henri Julien, Montréal,
Librairie Beauchemin, 1916, p. 84)



Procurez-vous l'un des quelques exemplaires encore disponibles 
de Nos poésies oubliées, un volume préparé par le concepteur 
du carnet-web des Poésies québécoises oubliées, et qui présente
100 poètes oubliés du peuple héritier de Nouvelle-France, avec
pour chacun un poème, une notice biographique et une photo
ou portrait. Pour se procurer le volume par Paypal ou virement 
Interac, voyez les modalités sur le document auquel on accède
en cliquant sur l'image ci-dessous. Pour le commander par
VISA, cliquer ICI.

samedi 6 octobre 2018

Octobre

René Chopin (1885-1953)

(Source : L. Mailhot et P. Nepveu, La poésie
québécoise des origines à nos jours
)




   La fougère a rougi ses touffes amarante
   Au bord de la forêt où stagne une torpeur,
   La lumière du jour tombe décolorante.

   Les bois silencieux sont transis et font peur.
   Une branche craquète, une feuille se gerce
   Que rouille un affligeant brouillard enveloppeur.

   Là-bas, parmi les champs, traîne une vieille herse.
   Un paysan travaille à l'automnal labour
   Où la glèbe est docile au soc qui la transperce.

   D'innombrables criquets de leurs ailerons lourds
   Font un aigre concert d'invisibles rainettes
   Tout le long du sentier où crisse un chariot lourd.

   Octobre ! L'aubépine m'offre ses pommelettes.
   Octobre ! Fruits ridés des maigres ragommiers !
   Genévriers, amas vineux de vieilles crêtes !

   Espoirs réalisés des nonchalants fermiers !
   C'est la vendange et c'est la saveur acidule
   De la fameuse rousse aux branches des pommiers !

   La lambrusque sanglante est riche de globules
   Sur le coteau désert qu'interrompt la forêt,
   Et l'automne s'esquive au seuil du crépuscule,

   Tandis qu'avec effort, au milieu des guérets,
   Un soleil d'un blanc mat, monstrueuse araignée
   De lumière, bougeotte et s'emprisonne aux rets

   De sa toile d'argent que la brume a baignée.

                                        René Chopin* (1913)



Tiré de :  Voix des poètes, Montréal, éditions Variétés, 1945, p. 22-23. Le poème Octobre est initialement paru en 1913 dans Le Coeur en exil, premier recueil de poésies de René Chopin. On peut lire une analyse de ce recueil dans Laurentiana.

*  René Chopin est né au Sault-au-Récollet le 2 avril 1885, de Jules-N. Chopin, médecin, et de Léocadie-Délia Brousseau. Après ses études classiques au Collège Sainte-Marie, il s'inscrivit en droit à l'Université Laval à Montréal. Admis à la Chambre des notaires en mars 1910, il partit pour Paris pour y apprendre le chant et fit un bref séjour à Rome. À partir de son retour, en 1911, il exerça le notariat à Montréal.
   Suite à la parution, en 1913, de son premier recueil de poésies Le Coeur en exil, il collabora aux périodiques L'Action, dirigé par Jules Fournier, Le PaysLe NigogLe Nationaliste et La Revue moderne. En 1933, il publia un deuxième recueil, DominantesEn 1944, il devint critique littéraire au Devoir.
   René Chopin est mort à Montréal le 28 juin 1953. 
(Source principale : Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec, tome 2, Montréal, éditions Fides, 1981, p. 249). 

De René Chopin, les Poésies québécoises oubliées ont également présenté : ― La mort d'un hêtre.

Pour mieux connaître la pensée poétique de René Chopin, on peut consulter en ligne ou télécharger gratuitement le mémoire d'André Lapierre, Le sentiment de la nature chez René Chopin


Le poème Octobre, ci-haut, est paru en 1945
dans Voix des poètes, un recueil présentant
des oeuvres de 48 poètes québécois. Octobre
parut initialement en 1913 dans le premier
recueil de René Chopin, Le Coeur en exil

Deux exemplaires sont encore disponibles 
sur le marché, voir ICI et ICI.

Dédicace manuscrite de René Chopin dans son
deuxième recueil, Dominantes, paru en 1933.

(Collection Daniel Laprès ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Dans l'édition 1923 de l'Almanach de
la langue française
, René Chopin fut
ainsi dessiné par Henri Letondal.

Robert LaPalme, l'un des meilleurs caricaturistes du
Québec, dessina ainsi les traits de René Chopin, dans
 l'édition 1934 de l'Almanach de la langue française.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

René Chopin durant les années 1930.

(Source : Camille Roy, Manuel d'histoire
de  la littérature canadienne de langue
française
, huitième édition, Montréal,
éditions Beauchemin,1940, p. 113)  

On peut trouver plusieurs poèmes de
René Chopin dans ce recueil qu'on peut
commander dans toute bonne librairie.
Informations ICI.

Article paru dans Le Devoir
le 30 juin 1953, p. 5.

(Source : BANQ)

Notice nécrologique parue dans La Presse du 29 juin
1953. On y apprend notamment que René Chopin a
été inhumé au cimetière du Sault-au-Récollet.

(Source : BANQ)


Procurez-vous l'un des quelques exemplaires encore disponibles 
de Nos poésies oubliées, un volume préparé par le concepteur 
du carnet-web des Poésies québécoises oubliées, et qui présente
100 poètes oubliés du peuple héritier de Nouvelle-France, avec
pour chacun un poème, une notice biographique et une photo
ou portrait. Pour se procurer le volume par Paypal ou virement 
Interac, voyez les modalités sur le document auquel on accède
en cliquant sur l'image ci-dessous. Pour le commander par
VISA, cliquer ICI.

dimanche 8 octobre 2017

Octobre

Derfla (Alfred Tremblay) (1856-1921)
(Source : Recueil de poésies de Derfla)



          Le firmament est moins splendide,
          Le soleil a moins de rayons ;
          L'oiseau s'enfuit d'un vol rapide
          Vers de plus charmants horizons.

          Toutes les fleurs des champs sont mortes,
          Et tous les papillons aussi : 
          Et la froide bise à nos portes
          Frappera demain sans merci. 

          Bientôt, hélas ! sur toutes choses
          Le sombre hiver régnera seul,
          Et la branche où furent des roses
          Frissonnera sur un linceul. 

          Oui, ― jusqu'au fond de nos entrailles
          Ce penser nous glace vraiment, 
          Nous allons à des funérailles
          Tristes incomparablement.

          Six mois durant, de nos campagnes, 
          Jardins devenus des tombeaux,
          L'Aquilon, ce fils des montagnes, 
          Fera pleurer tous les échos. 

          Pourtant, grâce à Dieu qui nous aime,
          Et qui ne fit rien que de bon,
          C'est pour nous facile problème
          De passer la froide saison. 

          En nos demeures plus joyeuses
          Nous rallumerons le foyer,
          Et près de ses flammes nombreuses
          Bien souvent nous viendrons causer. 

          Ainsi de la saison terrible
          Nous ferons le printemps des coeurs,
          Et l'amitié, joie indicible,
          Y cueillera de douces fleurs. 

                             Derfla (Alfred Tremblay)

Tiré de : Recueil de poésies de Derfla, Montréal, Alfred Carrier éditeur, 1932, p. 101-102. 

Pour en savoir plus sur Derfla, cliquer ICI pour télécharger gratuitement son recueil de poésies.