dimanche 3 mai 2020

Mai

Marc-Aurèle Suzor-Coté, Arthabaska, 1909.

(Source : Suzor-Coté, lumière et matière)




   Hosanna ! La forêt renaît de ses ruines ; 
   La mousse attache au roc son manteau de velours ;
   La grive chante ; au loin, les grands bœufs de labours
   S'enfoncent tout fumants dans les chaudes bruines.

   Le soleil agrandit l'orbe de son parcours ;
   On ne sait quels frissons passent dans les ravines ;
   Et dans l'ombre des nids, fidèle aux lois divines,
   Bientôt va recommencer la saison des amours ! 

   Aux échos d'alentour chantant à gorge pleine,
   Le semeur, dont la main fertilise la plaine,
   Jette le froment d'or dans les sillons fumés.

   Sortons tous ; et, groupés sur le seuil de la porte,
   Respirons à loisir le vent qui nous apporte
   Comme un vague parfum de lilas embaumés  !

                                Louis Fréchette (1879)



Tiré de : Louis-H. Fréchette, Les oiseaux de neige, Québec, C. Darveau imprimeur, 1879, p. 13-14. 

Mai, ci-haut, est le cinquième d'une série de douze sonnets de Louis Fréchette et intitulée L'année canadienne.  

Pour en savoir plus sur Louis-H. Fréchette, voyez ICI et ICI.


De Louis-H. Fréchette, les Poésies québécoises oubliées ont également présenté: Janvier ; Février Mars ; AvrilLe matin ; Un soir au bord du lac Saint-Pierre ; Une correspondance poétique.



Les oiseaux de neige, recueil de Louis Fréchette,
d'où est tiré le sonnet Mai, ci-haut.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Louis Fréchette (1839-1908)

(Source : Québec éternelle, p. 116)

Dédicace manuscrite de Louis Fréchette dans son troisième
recueil de poésies, Pêle-mêle, paru en 1877.

(Collection Daniel Laprès ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

En 1880, Louis Fréchette devient le premier écrivain issu du Québec à remporter
le prix Montyon de l'Académie française pour son recueil Les Fleurs boréales.
Ce volume, d'abord paru à Québec, en 1879, chez l'éditeur Darveau, fut à cette
occasion publié à Paris dans une édition incluant Les oiseaux de neige.

L'illustration de droite, où l'on voit Fréchette ainsi que la coupole de
 l'Académie française où le poète fut solennellement reçu, se trouve
à l'intérieur de l'édition parisienne des Fleurs boréales.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Louis Fréchette, dessin de Henri Julien.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir ;
source : Album Henri Julien, Montréal,
Librairie Beauchemin, 1916, p. 84)

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