jeudi 30 juillet 2020

La feuille au vent ou l'exil

Guillaume Lévesque (1819-1856)

(Source : Biographi.ca)




   Où vas-tu ? ― Feuille morte
   Que la bourrasque emporte
   En courant par les airs, 
   J'ai cédé à la brise
   Dont l'effort souvent brise
   Les rameaux forts et verts
   De l'arbre qui méprise
   La fureur des hivers. 

   Compagne vagabonde
   Du vent qui court le monde,
   Je le suis par les mers.
   En sifflant il m'entraîne,
   Me chasse et me ramène
   Dessus leurs flots amers
   Et tantôt me promène 
   À travers les déserts. 

   En marche dès l'aurore,
   Le soir me trouve encore
   Poursuivant le chemin. 
   Dans les airs suspendue,
   Parfois rasant la nue
   Qui pleut au mont lointain
   Et parfois confondue
   Au brouillard du ravin.

   Hélas, feuille légère, 
   reverras-tu la terre
   Qui porte ton berceau ?
   Ou, suivant la vitesse
   Du souffle qui te presse
   Vers un soleil nouveau, 
   T'enfuiras-tu sans cesse
   Bien loin de ton rameau ?

   Dans la route incertaine
   Frémissant à l'haleine
   Qui m'a fait m'éloigner,
   J'attends que la Tourmente,
   À la fin repentante
   De toujours m'affliger,
   Vers ma tige contente
   Me laisse retourner.

   Oh feuille ! mon emblème,
   Je promène de même
   Mes pas au gré des vents.
   À la Brise ennemie,
   Comme toi je confie
   Mes destins inconstants,
   Chassé de ma patrie
   Au souffle des tyrans. 

          Guillaume Lévesque (vers le 18 août 1839)



Tiré de : Yolande Grisé et Jeanne d'Arc Lortie (dir.), Les textes poétiques du Canada français (1606-1867), volume 4, Montréal, éditions Fides, 1991, p.203. Le manuscrit du poème est conservé au Centre de recherche en civilisation canadienne-française.

Pour en savoir plus sur Guillaume Lévesque, cliquer ICI

Guillaume Lévesque était le frère de Charles Lévesque, dont les Poésies québécoises oubliées ont publié les poèmes Bienfaits et Matinée poétique : le rossignol


Le poème La feuille au vent ou l'exil, de
Guillaume Lévesque, est tiré du volume 4
des Textes poétiques du Canada français,
paru en 1991.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Monument funéraire au pied duquel repose Guillaume Lévesque
au cimetière de Sainte-Mélanie. Son frère 
Charles, mort un peu 

plus de trois ans après lui en 1859, y repose lui aussi.

(Source : Find A Grave ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

mardi 28 juillet 2020

Matinée poétique : le rossignol

Charles Lévesque (1817-1859)

(Source : Le Répertoire national, tome 4,
deuxième édition, Montréal, J. M. Valois
& Cie Libraires-Éditeurs, 1893, p. 122)




   Chante, petit oiseau ! Déjà sur la colline
   Le printemps renaît, reverdit l'aubépine ;
   Dans nos prés le muguet épanche sa saveur ;
   Le ruisseau qui murmure arrose chaque fleur
   Qui parfume ses bords. Et saluant l'aurore
   Du brillant firmament qui leur prodigue encore
   Le feu qui les anime au retour du matin,
   Le narcisse, l'œillet, la rose, le jasmin,
   Que dans ton vol joyeux tu courtises sans cesse,
   Pour répondre à ta voix se couvrent de richesse.

   Viens suspendre ton nid au faîte de l'ormeau
   Croissant si glorieux au pied de ce coteau. 
   N'hésite pas, mais viens, il t'offre son feuillage,
   Il veut te garantir des vents de l'orage.
   Sous son toit paternel de bonheur et d'amour
   Qu'un nouvel arc-en-ciel éclaire chaque jour,
   Tu verras se réjouir ta compagne chérie.
   La brise qui folâtre au fond de la prairie
   T'apportera ses dons et le fidèle écho
   Répétera ta voix aux vierges du hameau. 

   Hélas ! combien de fois, reposant sous un chêne, 
   L'homme tant abattu, pour soulager sa peine,
   Voulut prêter l'oreille à tes tendres accents. 
   Le coeur encor si froid aux rayons du printemps,
   Il cherchait en secret un sentier solitaire,
   Il s'oubliait lui-même et la nature entière ;
   Et foulant à regret la verdure des champs, 
   Il détournait les yeux des objets sous ses sens. 
   Petit oiseau que j'aime, oui, ton chant d'allégresse
   A fait vibrer son âme en proie à la tristesse. 

   Pour moi tu chanteras, amant de nos bosquets : 
   Encor j'irai m'asseoir sous l'ombrage si frais
   Des sureaux, des lilas. Si je ne puis sourire
   À l'éclat des beaux jours, je t'entendrai me dire :
   
― Ami, console-toi ! L'homme est né de douleur. 
   Quel arbre, en nos forêts en butte à la fureur
   Des tempêtes du nord, ne relève la tête ?
   Quel fruit délicieux que l'été nous apprête 
   N'a point son amertume ? Oh ! vis de souvenirs !
   Le malheur après lui laisse encor des plaisirs. 

                     Charles Lévesque (Saint-Benoît, 1850)



Tiré de : Yolande Grisé et Jeanne d'Arc Lortie (dir.), Les textes poétiques du Canada français (1606-1867), volume 5,  Montréal, éditions Fides, 1992, p. 26-27. Le poème fut à l'origine publié dans l'Album musical et littéraire de La Minerve, numéro 4, avril 1850). 

De Charles Lévesque, les Poésies québécoises oubliées ont également présenté : Bienfaits

Pour en savoir plus sur Charles Lévesque, cliquer ICI


Le poème Matinée poétique : le rossignol,
ci-haut, de  Charles Lévesque, est tiré du
volume 5 des Textes poétiques du
Canada-français
, paru en 1992. 


(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le poème Matinée poétique : le rossignolci-haut, de
 Charles Lévesque, est paru pour la première fois en
avril 1850 dans l'Album littéraire et musical de La
Minerve
, que l'on peut consulter en cliquant ICI.


Premier poète présenté, en septembre 2017, par les 
Poésies québécoises oubliées, Charles Lévesque 
fait partie des 100 poètes présentés dans l'album
Nos poésies oubliées, qui sortira de presse d'ici
la fin de l'été 2020 dans une édition limitée et
unique. Pour se réserver l'un des quelques 
exemplaires encore disponibles de ce volume
qui deviendra rapidement une pièce de 
collection, cliquer sur cette image : 


Monument funéraire au pied duquel repose Charles
Lévesque au cimetière de Sainte-Mélanie.

(Source : Find A Grave ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

dimanche 26 juillet 2020

Vœu

Henri d'Arles (1870-1930)

(Collection Daniel Laprès)



   L'Océan, ce matin, a des teintes d'acier.
   Un murmure assourdi monte de ses abîmes.
   De longs voiles de gaze au loin drapent les cimes.
   Le ciel est morne et gris : tout annonce janvier.

   Où sont les beaux reflets de gaze sur les eaux,
   Les gouttes de lumière irisant les falaises ?
   La nature a scellé son écrin de richesses, 
   Tout s'est évanoui, saphirs, perles, cristaux.

   Mes yeux, épris d'azur, de couleurs, de rayons,
   S'affligent de l'éther où voguent des nuages.
   Ô soleil, à nouveau darde tes vibrations ! 
   À mon cœur en exil, offre encor des mirages...

               Henri d'Arles* (Coronado, Californie ; 28-31 décembre 1927)



Tiré de : Revue Le Canada français, Québec, février 1926, p. 397.


* Pour en savoir plus sur Henri d'Arles, voyez la notice 
biographique sous son poème Caprice, de même que 
l'article des Glanures historiques québécoises auquel
 on accède en cliquant sur l'image suivante :  



La dernière lettre d'Henri d'Arles, écrite quelques jours 
avant sa mort à Rome le 9 juillet 1930, a été publiée
dans le numéro de septembre 1930 par la revue 
Le Canada français. Son titre est « Sub umbra illius »,
qui, signifie : « Sous l'ombre de ça ». Il y parle 
notamment des œuvres de l'abbé et poète Arthur 
Lacasse, dont les Poésies québécoises oubliées
ont présenté les poèmes Paysage nocturne et 

On peut la lire cette lettre touchante en cliquant 
sur la couverture de la revue, ci-dessous :



En janvier 1925, dans la revue Le Canada français
Henri d'Arles, qui était le premier critique d'art
du Québec, a publié un texte de réflexions 
intitulé Art et nature. On y accède en
cliquant sur la couverture de la revue :


Henri d'Arles

(Source : revue franco-américaine Le Forum
volume 40, numéro 3, automne 2018 ;

cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Henri d'Arles, à l'époque où il était jeune
prêtre membre de l'ordre des Dominicains.

(Source : La Patrie, 26 novembre 1950)


Procurez-vous l'un des quelques exemplaires encore disponibles 
de Nos poésies oubliées, un volume préparé par le concepteur 
du carnet-web des Poésies québécoises oubliées, et qui présente
100 poètes oubliés du peuple héritier de Nouvelle-France, avec
pour chacun un poème, une notice biographique et une photo
ou portrait. Pour se procurer le volume par Paypal ou virement 
Interac, voyez les modalités sur le document auquel on accède
en cliquant sur l'image ci-dessous. Pour le commander par
VISA, cliquer ICI.


Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

jeudi 23 juillet 2020

Auguste Soulard

Rocher sur la Pointe de Saint-Roch-des-Aulnaies, où Auguste Soulard
se rendait souvent méditer face au fleuve Saint-Laurent et où il trouvait
l'inspiration pour les poèmes qu'il publia dans des périodiques du temps.

Le rocher est évoqué en conclusion du poème ci-dessous.

(Photo : Daniel Hamelin, juillet 2020)





   Pendant qu'à tout lecteur les histoires passées
   Sont dites bien souvent et souvent ressassées,
   Permettez qu'à mon tour j'égare aussi mes pas,
   En vous parlant de ceux dont on ne parle pas.
   Les venger d'un oubli dont l'amitié s'afflige,
   C'est justice sans doute aux morts que l'on néglige,
   Des intimes détails l'authentique secret
   Du commun des lecteurs éveille l'intérêt.
   Et, qu'on les donne en prose ou qu'on les versifie,
   Ne sont-ils pas un texte à la philosophie ?

   Il était, à l'époque où brillait mon printemps
   (L'histoire véridique est de plus de vingt ans),
   Un jeune campagnard d'honorable lignée,
   Au ton conciliant, à la mine soignée.
   À Québec il parut pour y suivre son droit,
   Caractère fort doux, air aimable, cœur droit.
   Il avait un talent dont la haute puissance
   Appelait la fortune et primait la naissance.
   Gai, poli, studieux, on lui connaissait l'art
   De plaire et de bien dire : il avait nom Soulard.

   Il se fit du travail une longue habitude,
   Et de livres divers il chérissait l'étude ;
   Il pouvait sans avoir médité longuement,
   Apprendre vite et bien et noter amplement.
   D'ailleurs, grand par l'esprit et noble au fond de l'âme,
   Du poétique instinct il nourrissait la flamme.
   Littérateur instruit comme on l'est peu souvent,
   Jamais il ne brigua le titre de savant.
   Sa parole féconde et sans monotonie,
   S'aiguisait à propos d'une fine ironie.
   Il enfantait l'esprit, sans le chercher ailleurs
   Comme nos trissotins vaniteux et railleurs.

   Ah ! qu'il aurait brillé dans la joute oratoire,
   S'il eût pour le barreau laissé là l'écritoire,
   Et s'il eût pu, vouant son génie au métier,
   À cet unique objet se mettre tout entier !
   Indulgent aux défauts et riant du grotesque,
   Il pardonnait bien moins au grand air pédantesque ;
   Mieux que l'expérience, un sentiment exquis
   Au salon lui prêtait un savoir-vivre acquis.

   Du loyal gentilhomme il rehaussait l'image,
   Et l'estime de tous venait lui rendre hommage.
   Il aimait, par dédain des ruses du plaideur,
   Des pères du vieux droit la docte profondeur.
   Il adorait Pothier ; en prolongeant sa veille,
   De ce rare génie il sonda la merveille.
   Il eut d'épais cahiers remplis du droit romain.
   Or, tous deux quelquefois nous y mettions la main.
   Paratitles nouveaux suscitant controverse,
   Ces notes présentaient deux thèses à l'inverse ;
   Sur quoi frère Soulard, logicien concis,
   Formulait sans encombre un résultat précis.

   Aux heures de loisir il invoquait la muse
   Dont, comme de tout temps, au jeune âge on s'amuse.
   La montagne, les bois, la plaine, le ruisseau,
   Ensemble accommodaient son mobile pinceau.
   Une nuit il chantait et la voûte azurée,
   Et les astres sans fin qui peuplent l'empyrée.
   Cet hymne se fit place au rang des beaux essais.
   D'autres qu'il a laissés montèrent au succès.
   À « Mon Pays », un jour, avec âme il dédie
   D'harmonieux accents : c'est une mélodie.
   De sa muse inédite un fragment est resté,
   Où s'épanchaient la grâce et la suavité.

   S'échappant de la ville, amant de la nature,
   Il se livrait près d'elle à la littérature,
   Lisant et Ségalas et Berthet et Deschamps.
   Il savourait leur prose, il retenait leurs chants.
   Vous souvient-il ici comment il savait rendre
   Les vers qu'il déclamait, nous les faisant apprendre ?
   Par sa bouche entraînait les auditeurs ravis ?

   Il avait au barreau plaidant à la campagne,
   Ses livres pour amis, la gaîté pour compagne.
   Il aimait à narrer chaque fait plaisamment,
   À joindre l'anecdote au solide argument.
   Un bon mot, comme appoint à sa dialectique,
   Transportait les clients d'un rire frénétique.

   Auditeur à son tour, personne mieux que lui,
   D'un trop long plaidoyer ne sut tromper l'ennui.
   Saisissant l'air comique ou de sinistre augure,
   Il dessinait au mieux toute humaine figure.
   L'œuvre de son crayon avait même un fini,
   Des contours que peut-être eût aimés Gavarni.
   Ces pochades souvent délectaient l'auditoire,
   Et le juge en riait, à ce que dit l'histoire.

   Une fois il advint un incident très neuf:
   En Circuit, à l'auberge, un soir nous étions neuf.
   C'était par aventure, à la fin de l'automne ;
   Le ciel était lugubre et le vent monotone.
   Un pareil temps abîme, on peut le maugréer,
   Mais nous cherchions un mode à nous mieux récréer.
   Quand l'un des neuf soudain, pour ménager surprise
   Et mettre en tout son jour une idée incomprise,
   Traça nombre de mots amalgamés sans art,
   Qui n'offraient aucun sens et rimaient au hasard.

   À ces rimes sans choix l'une à l'autre agencées,
   Il fallut joindre un thème et coudre des pensées ;
   Qu'avec elles le vers aisément s'arrimât.
   Ce tournoi, sérieux sans être une malice,
   Au grand plaisir de tous mit deux champions en lice.
   Soulard, puis maître Angers accèdent au combat ;
   Un troisième avec eux l'accepte sans débat ;
   Il eut tort en cela de se montrer bon homme
   (Vous direz comme moi sans que je vous le nomme).

   Donc, pour mener à bien cette tâche en courant,
   On devait rimailler cinq minutes durant.
   Chacun des trois jouteurs condamnés à la rime,
   À l'envi l'un de l'autre avec hâte s'escrime.
   S'il triomphe à ce jeu par un sublime effort,
   Quelle gloire au rimeur proclamé le plus fort !
   Enfin, la triple tâche, ou la triple corvée,
   Même avant l'heure dite était parachevée.
   Différent en sa forme ainsi qu'en sa teneur,
   Chaque chef-d'œuvre obtient la mention d'honneur,
   Sauf que, ses vers, parfaits, nombrant une vingtaine,
   Firent juger Soulard l'égal de La Fontaine !
   Alors, statuant net sur les trois impromptus :
   Angers dit: « Soulard gagne et nous sommes battus ! »
   Il en décidait bien ; chose légère ou grave,
   Une preuve en subsiste aux mains de Delagrave.

   Soulard, homme capable, était insoucieux ;
   L'argent et le renom, qu'étaient-ils à ses yeux ?
   De sa courte existence enfin que vous dirais-je ?
   Ses ennuis ? Et pourquoi vous les retracerais-je ?
   Son avenir, à lui, qu'on avait peint si beau,
   Il le vit s'effeuiller à l'aspect du tombeau.
   Il s'affaissa ; l'espoir dans son âme inactive
   N'embellissait pour elle aucune perspective,
   Et ses pensées, longtemps avant son dernier jour,
   N'avaient plus d'aliment au terrestre séjour.

   Le trépas abrégeant ta carrière mortelle,
   Ami, tu nous disais : « L'existence qu'est-elle ?
   Un combat où la mort, ardente à nous saisir,
   Sans compter les instants immole sans choisir.
   Apprendre à la quitter c'est connaître la vie :
   Ici-bas il n'est rien qui soit digne d'envie.
   Les devoirs imposés, remplis avec honneur,
   De nos derniers moments sont l'unique bonheur ».

   Et maintenant tu dors sur ta lointaine plage,
   À l'ombre du clocher de ton humble village,
   Dont jadis tant de fois le site m'enchanta,
   Près de ce bord natal que ta muse chanta.
   Et ce temple, non loin de ton foyer rustique,
   Où les tiens ont gardé leur sépulture antique,
   Le rocher, la prairie où tu guidais mes pas,
   Je les vois et te cherche aux lieux où tu n'es pas.

   Mais là-bas, écoutant les clameurs de la brise,
   En voyant une pointe où la vague se brise*,
   J'aime et de la tempête et du flot murmurant
   Le bruit tant solennel qui te semblait si grand.
   Vivant moi-même aux bords que la marée inonde,
   Ma course imitera le destin de son onde,
   Et déjà n'existant que par le souvenir,
   Je touche presque au seuil du terrible avenir !

               François-Magloire Derome (Rimouski, avril 1866)

Pendant ses vacances et même avant son temps de collège, Soulard aimait à s'asseoir à une des aspérités culminantes de la Pointe de Saint-Roch, et là il méditait poétiquement au bruit de la marée montante dont les flots battaient à ses pieds. Il m'a dit cela lui-même en me citant la strophe suivante d'une de ses poésies :

J'aime de mon pays les riantes campagnes,
Ses étés si brillants et ses joyeux hivers,
Ses bosquets enchantés de sapins toujours verts,
Et ses lacs transparents et ses hautes montagnes.
J'aime du Saint-Laurent les rivages si beaux,
J'aime à les contempler le soir lorsque la brise
Agite mollement la surface des eaux,
Assis sur le rocher où la vague se brise.


D'Auguste Soulard, les Poésies québécoises oubliées ont présenté : ― Mon pays

De François-Magloire Derome, auteur du poème ci-haut, les Poésies québécoises oubliées ont également présenté : ― Paroles d'un solitaire ; ―  Le lendemain


François-Magloire Derome (1817-1880)

Ami intime d'Auguste Soulard, il a consacré
à sa mémoire le poème ci-haut.

(Source : Le Répertoire national, tome 2)

Le poème ci-haut en hommage à Auguste
Soulard a été publié pour la première fois
dans l'édition de mai 1866 de la revue
littéraire Le Foyer canadien.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le poème de François-Magloire Derome en hommage à Auguste Soulard a également
paru dans le numéro de juillet-août 1866 du Journal de l'Instruction publique.


Pierre-J.-O. Chauveau (1820-1890), homme de lettres 
et premier Premier ministre du Québec (de 1867 à 1873)
 a publié un hommage à Auguste Soulard à l'occasion de
sa mort en juin 1852. L'article, d'abord paru dans le 
journal Le  Canadien du 7 juillet 1852, a été publié
de nouveau dans Le Foyer canadien de mai 1866, 
pour accompagner le poème de F.-M. Derome.

Pour accéder à cet hommage à Auguste Soulard,
cliquer sur cette photo de Chauveau : 


La vue sur le Saint-Laurent et les Laurentides, depuis le rocher de la Pointe,
à Saint-Roch-des-Aulnaies, où Auguste Soulard se rendait fréquemment
pour méditer et y trouver inspiration pour ses œuvres poétiques.

(Photo : Daniel Hamelin, juillet 2020)

Comme l'indique cette notice parue dans le journal Le Canadien
du 22 juillet 1842, Auguste Soulard, fut reçu avocat dès l'âge de
23 ans, alors qu'il ouvrit son étude légale sur la rue des Jardins,
dans le Vieux-Québec. On aperçoit cette petite rue telle qu'elle
apparaît de nos jours.

(Source de la photo : Google Maps)

Maison de la famille Soulard à Saint-Roch-des-Aulnaies. Auguste Soulard y a grandi et
y est décédé le 27 juin 1852. Il repose au sous-sol de l'église paroissiale du village.

(Photo : Paul Grant)

Auguste Soulard repose depuis 1852 sur les bords du Saint-Laurent, dans le sous-sol de
l'église de Saint-Roch-des-Aulnaies, construite sur un terrain qui avait été donné par son
père, mort quelques jours avant Auguste, de la même maladie, la tuberculose.

(Source : Chaudière-Appalaches ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)