samedi 31 juillet 2021

Jeanne Mance

Portrait de Jeanne Mance (1606-1673) par un artiste inconnu. Même
si son authenticité est douteuse, il s'agit du portrait le plus populaire
de la cofondatrice de Ville-Marie (Montréal).

(Source : Archidiocèse de Montréal ; portrait colorisé par nous)




          (Fragments)

   Jeanne Mance apparaît sans berceau. Son histoire
   Garde, entre deux oublis, la splendeur transitoire
              D'un astre qui luit et s'éteint. 
   Elle commence un jour avec Ville-Marie,
   Brille sur la cité, préside à son destin ; 
              Sa clarté s'absorbe, amoindrie
   Dans l'éclat grandissant du foyer génial
   Qu'alluma son amour au pied du Mont-Royal. 

   Nos pères la nommaient l'Ange. Ville-Marie,
   Qu'elle sauva deux fois, en sauvant la patrie,
              Lui doit presque tout après Dieu :
   Or, personne n'a vu les rayons de cet astre
   En déclinant dans le ciel. Puis le feu
              Outrant l'oubli par un désastre,
   De Jeanne dévora le refuge et l'autel :
   « Ainsi périt ta cendre, ô Cœur deux fois mortel ! » (1)

              Mais qu'importent cinq pieds de terre
              Où, dans l'horreur enseveli,
              Des corruptions tributaires
              Le corps inerte est avili !...
              Qu'importe l'oubli même, ô Jeanne, 
              Si, de ta beauté diaphane,
              Ostensoir où Dieu s'est montré, 
              Il nous dérobe l'attirance ! 
              Peut-être au ciel ta récompense
              En tire un éclat plus sacré...

   Maisonneuve, Bourgeoys, ceux qui t'ont approchée,
   Ceux que le ciel rendit témoins de ta vertu,
   Ne nous ont-ils pas, tous, dit leur âme touchée
              Du noble émoi qu'ils en ont eu ?...

              Olier, encore sous l'empreinte 
              Des clartés dont Dieu l'inonda, 
              Te nomme l'âme la plus sainte
              Qui soit passée en Canada.
              Tu consoles, dans sa disgrâce,
              Chomedey que le sort terrasse ;
              Par deux fois (2) tu braves la mer ;
              Et tu devrais être bénie
              Si ta main à la colonie
              N'eût donné que Jeanne Le Ber[…]


   Les malheureux soldats du triste Fort Sainte-Anne
   Y mouraient, décimés par la peste et la faim :
   Ton âge te retient : mais ton grand zèle, ô Jeanne,
              Leur envoie un prêtre, et du pain. (3) 

              Tu gagnes l'amour du sauvage
              Par ta tendresse et ta bonté ;
              Par ton bienveillant patronage
              Plus d'un au Christ est enfanté.
              Les colons forment ta famille ;
              Auprès de toi la jeune fille
              Retrouve un maternel appui.
              Mais Dieu peut lire en ta belle âme
              Que, toute au soin qui la réclame,
              Elle n'aime vraiment que Lui. 

   Dans ces travaux bénis tu passes trente années ;
   Tu soutiens tout : combats, terreurs, famine et deuil ;
   Rares sont les bonheurs, trêves momentanées,
              Qui parfois visitent ton seuil. 

              Tu vois croître Ville-Marie,
              Son terroir, baigné par le sang
              D'une veine jamais tarie,
              Aller toujours s'agrandissant.
              C'est grâce à toi qu'au temps propice
              Germe l'arbre de Saint-Sulpice ;
              Par ton aide, que sœur Bourgeoys
              Confie au sol l'humble semence
              Aujourd'hui crue en arbre immense ;
              Mais voici l'œuvre de ton choix.

   Voici l'œuvre dont Dieu chargea ta destinée,
   Car c'est à accomplir que tu fus ordonnée
             Comme à la chaîne le chaînon :
   Doter ta ville aimée, ô Vierge nourricière,
   Et d'un mémorial digne de ton grand nom. 

                        Valentin-Marie Breton, o.f.m.* (1909)



Tiré de : Valentin-Marie Breton o.f.m., Chants séculaires, Montréal, Hôtel-Dieu de Ville-Marie (éditeur), 1909, p. 62-65. 

(1) : En 1909, année où le poème fut composé, on croyait encore que les restes de Jeanne Mance avaient été détruits lors de l'incendie qui, dans la nuit du 23 au 24 février 1695, avait ravagé l'Hôtel-Dieu de Montréal. Or, en 1934, dans son ouvrage consacré à Jeanne Mance (voir informations ici-bas), l'historienne Marie-Claire Daveluy a établi hors de tout doute que seul le cœur de la cofondatrice de Montréal a disparu lors de cet incendie. Les restes de Jeanne Mance reposent de nos jours dans la chapelle souterraine de l'Hôtel-Dieu actuel.

(2) : En fait, Jeanne Mance a fait quatre traversées de l'Atlantique, dont trois aller et retour entre la Nouvelle-France et la France. Elle partit de La Rochelle le 9 mai 1641 en vue de la fondation de Ville-Marie, puis elle fit trois voyages pour chercher des renforts et appuis, en 1649 (départ le 31 octobre et retour le 8 septembre 1650), 1658 (départ le 14 octobre et retour le 7 septembre 1659), 1662 (départ 20 septembre et retour le 29 juin 1664).

(3) Le  poète évoque probablement les événements ayant débuté en juillet 1651, alors que, devant la menace iroquoise, Jeanne Mance et les colons durent se réfugier au fort de Ville-Marie, dans lequel elle avait installé dès 1642, année de fondation de Ville-Marie, un premier hôpital. Nous n'avons pu trouver de source indiquant que ledit fort, qui est plutôt désigné en tant que Fort Ville-Marieaurait porté le nom de Sainte-Anne. Peut-être que le fort fut confié à la protection de sainte Anne, ou encore qu'il s'agit d'un épisode différent de celui de juillet 1651 et que nous n'avons encore pu retracer dans l'histoire de Jeanne Mance.

* Henri Breton est né à Besançon (France) le 18 novembre 1877, d'Henri-Désiré Breton, fonctionnaire scolaire, et de Marie-Eugénie Étienne. En 1887, la famille s'installa à Belfort, où Henri fera ses études secondaires au lycée local. Quelque temps plus tard, les Breton déménagèrent de nouveau, cette fois à Luxueil-les-Bains (Vosges). 
   En 1896, Henri, qui avait choisi la carrière de notaire, entrepris des études de droit à l'Institut catholique de Paris. Le 2 novembre 1899, ayant renoncé à ses ambitions de notariat, il entra au noviciat des Franciscains, à Amiens. Il reçut dès lors le prénom de Valentin-Marie. Mais le 8 avril 1903, à cause des persécutions anticatholiques du gouvernement français, il prit la mer pour s'établir à Québec au couvent de sa congrégation. 
  Le 27 juillet 1907, il fut ordonné prêtre par Louis-Nazaire Bégin, archevêque (plus tard cardinal) de Québec. Outre ses nombreuses tâches sacerdotales et religieuses, il participa activement à la vie littéraire canadienne-française, notamment comme collaborateur auprès de divers journaux et périodiques, dont Le Devoir ; la Revue canadienne La Nouvelle-France ; la Revue dominicaine, etc., En 1909, on lui confia la composition d'un recueil de poésies, intitulé Chants séculaires, pour souligner le 250e anniversaire de la fondation de l'Hôtel-Dieu de Montréal. En 1911, il devint membre du bureau directeur de l'École sociale populaire.  
   En 1920, il retourna en France, où il poursuivit ses œuvres sacerdotales et franciscaines, notamment par sa plume en publiant de nombreux livres et articles. 
   Valentin-Marie Breton est mort à Paris 6 juillet 1957. Les archives historiques de Lévis possèdent un fonds de lui.
(Source : Yvonne Bougé, Frère mineur, Père majeur : le Père Valentin-Marie Breton, Mulhouse, éditions Salvator, 1958). 


Pour consulter ou télécharger gratuitement les Chants séculaires
composés par Valentin-Marie Breton o.f.m. pour célébrer le 250e
anniversaire de la fondation par Jeanne Mance de l'Hôtel-Dieu 
de Montréal, et d'où sont tirés les fragments présentés ci-haut, 
cliquer sur cette image :

(Photo de V.-M. Breton : Yvonne Bougé, Frère mineur, Père Majeur : 
le Père Valentin-Marie-Breton, Mulhouse, éditions Salvator, 1958)


Pour commander de rares exemplaires de l'édition originale
(1909) des Chants séculaires, cliquer ICI et ICI.


Dédicace manuscrite de Valentin-Marie Breton o.f.m.
au poète  Louis-Joseph Doucet, dans un exemplaire
des Chants séculaires.

(Collection Daniel Laprès ; 
cliquer sur l'image pour l'élargir)

Henri Breton vers 1898-99, peu avant d'entrer
 dans l'ordre des Franciscains et de devenir
Valentin-Marie Breton o.f.m.

(Source : Yvonne Bougé, Frère mineur, Père
majeur : le Père Valentin-Marie Breton
,
Mulhouse, éditions Salvator, 1958)


Pour découvrir la vie de Jeanne Mance, voyez le
magnifique film d'Annabel Loyola, La folle 
entreprise : sur les pas de Jeanne-Mance
Pour informations cliquer sur l'image : 



Pour consulter ou télécharger gratuitement cette
brochure parue en 1921 et contenant une biographie
de Jeanne Mance d'une douzaine de pages, cliquer
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Pour en savoir plus sur Jeanne Mance, voyez 
l'excellent livre de Marie-Claire Daveluy
paru en 1934 et devenu une rareté mais dont 
on peut trouver des exemplaires ICI et ICI.

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mardi 27 juillet 2021

Le retour de la pêche

Bateau de pêche (1913), photo de Rosario Benoit.

(Source : Musée de la civilisation, fonds d'archives du Séminaire de Québec)




                À Achille Fréchette.


   Au large, mainte voile grise
   S'amure pour rentrer au port :
   Il faut profiter de la brise
   Ou passer cette nuit à bord.

   Plus loin, à l'horizon en flamme,
   Le soleil plonge lentement,
   Et la crête de chaque lame
   Forme un mobile flamboiement.

   À droite, une pointe où la poupe
   D'un vieux navire naufragé
   Sur le fond immense découpe
   Son plat-bord à demi rongé.

   À gauche, un sombre promontoire
   S'avance, hardi, dans les flots :
   Il sait plus d'une triste histoire
   De mousses et de matelots.

   Là, des vieux assis sur la grève ;
   Ils fument et jasent. On voit
   La fumée, ailleurs, qui s'élève
   Odorante de chaque toit.

   Des femmes, à chaque fenêtre,
   Regardent au loin, vers la mer
   Si l'on voit, là-bas, reparaître
   Tous ceux qui sont partis hier.

   Enfin, la flottille au rivage
   Aborde, tout est débarqué.
   On fait appel de l'équipage ;
   Tous sont là, pas un n'a manqué.

   La nuit descend, la mer immense
   Se fond à l'horizon parmi
   Les grands nuages ; le silence
   Plane sur le bourg endormi.

                   Napoléon Legendre (1886)



Tiré de : Napoléon Legendre, Les perce-neige, Québec, Typographie de C. Darveau, 1886, p. 49-51. 

*  Napoléon Legendre est né à Nicolet le 13 février 1841, de François-Félix Legendre et de Marie-Renée Turcotte. Il fit ses études à Lévis chez les Frères de la Doctrine chrétienne, puis à Montréal au Collège Sainte-Marie
   Reçu avocat en 1865, il se détourna peu à peu de sa profession pour s'intéresser surtout à la littérature et au journalisme. Assistant-rédacteur du Journal de l'Instruction publique en 1872, il entra en 1876 au service du gouvernement du Québec à titre de greffier des journaux français du Conseil législatif
  En 1869, il obtint un doctorat ès lettres de l'Université Laval. Il collabora a plusieurs périodiques et journaux, dont L'Opinion publiqueL'Électeur, Le Canada fantastique et Le Soleil. En plus d'articles de linguistique, il a publié plusieurs livres, dont des romans (notamment Sabre et scalpel, 1872), un recueil de contes (À mes enfants, 1875), un recueil de chroniques (Échos de Québec, 1877) et un recueil de poésies (Perce-neige, 1896). Certains de ses ouvrages portent sur la langue française : La langue française au Canada (1890) et La province de Québec et la langue française (1894). Il publia également À propos de notre littérature nationale (1895). Intéressé par la musique, il écrivit des textes pour le compositeur Calixa Lavallée et, en 1874, il publia la première biographie de la cantatrice canadienne-française de stature mondiale, Emma Albani 
   Napoléon Legendre est mort à Québec le 16 décembre 1907. Il avait épousé Marie-Louise Dupré le 7 octobre 1867, à la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Québec. Il était le beau-père du journaliste et écrivain Benjamin Michaud, et le grand-père maternel de Maurice Roy, cardinal et archevêque de Québec.
(Sources : Gabrielle Patry, Napoléon Legendre (1841-1907) dans les Cahiers d'histoire, Société historique de Québec, 1961, p. 83-87 ; Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, tome 1, Montréal, éditions Fides, 1980, p. 672).

De Napoléon Legendre, les Poésies québécoises oubliées ont également présenté: Les poètes et Fleurs d'hiver.


Napoléon Legendre (1841-1907)

(Sources : Archives du Séminaire de Québec)

Les perce-neige, recueil de Napoléon Legendre,
d'où est tiré Le retour de la pêche, ci-haut.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Pour en savoir plus sur le grand promoteur 
et défenseur de la langue française que fut
Napoléon Legendre, cliquer sur la couverture
de l'édition 1961 des Cahiers d'histoire de la 
Société historique de Québec, pour lire un 
article biographique signé Gabrielle Patry :



Cliquer sur cette image pour consulter un
article sur Napoléon Legendre paru dans 
les Glanures historiques québécoises :


Pierre tombale de Napoléon Legendre au
cimetière Notre-Dame-de-Belmont, à Québec.

(Photo : Daniel Laprès, août 2020 ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Quelques scènes de pêches tirées des 
Archives du Séminaire de Québec :

Barque de pêcheurs (1915). 

(Source : Archives du Séminaire de Québec ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le rocher Percé et des pêcheurs sur la grève (1875).

(Source : Archives du Séminaire de Québec ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Pêcheurs et leurs pêches sur la rive à Percé.

(Source : Archives du Séminaire de Québec ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Vieux loups de mer (1915).

(Source : Archives du Séminaire de Québec ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le séchage du poisson (1915).

(Source : Archives du Séminaire de Québec ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Pêcheurs dans le bassin de Gaspé (1875).

(Source : Archives du Séminaire de Québec ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Groupe de pêcheurs et leur curé sur le balcon d'une maison (1915).

(Source : Archives du Séminaire de Québec ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Village de pêcheurs (1915).

(Source : Archives du Séminaire de Québec ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)


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mardi 20 juillet 2021

Le vent du soir

Clovis Duval (1882-1951)

(Source : son recueil Le Bouquet)



                                       I


   Au moment de changer de circuit planétaire,
   Le vent qui, comme nous, s'attache à sa prison,
   Ressent, devant le saut bruni de l'horizon,
   Un nostalgique effroi que sa voix ne peut taire.

   C'était bon se briser aux toits drus de la terre ;
   Et là-bas, quels déserts entre chaque maison !
   Et si quelqu'un allait lui demander raison
   De ne rien rapporter ? Voici ce qui l'atterre. 

   Parti couvert du don des astrales lueurs,
   Il ne traîne en retour que larmes et sueurs
   Dont s'humecte sans fin la poudre de sa route !

   N'en pouvant plus, il tombe au firmament moins bleu ;
   Mais, au silence qui suit sa chute, il écoute
   Comme des diamants baiser les pieds de Dieu.

                                       II

   « Quel est donc ce tribut que ta chute prolonge,
   Trop pesant pour ta force et plus doux qu'un zéphir »,
   Demande au vent tombé qui portait cet Ophir
   L'astre qui le recueille et lui coupa sa longe.

   Il parle, et lui dit l'homme et le mal qui le ronge,
   L'infini ; que c'est pour, elle-même, y gravir
   Que son âme a sué ce collier de saphir.
   Et le soir qui l'entend n'est qu'un immense songe.
  
   ― Est-elle comme nous lumière quelque part ? 
   ― Oui, répondent les vents : son ciel est un regard.
   ― Voit-elle ? Partout, bien qu'étant prisonnière.

   ― Mais alors, vent conteur de son charme ébloui,
   Ne vous est-elle pas parente à sa manière ?
   Et le vent de répondre : Elle est un souffle, oui ! 

                                        Clovis Duval (1936)



Tiré de : Clovis Duval, Les aspects, Saint-Lô, Éditions de Scripta, 1936, p. 159-160.

*  Louis Henri Clovis Duval est né à Batiscan le 5 septembre 1882, de Pierre Duval, navigateur, et de Séraphine Lahaye. Il fit ses études classiques au Petit séminaire de Trois-Rivières (devenu le Séminaire Saint-Joseph), puis ses études de médecine à l'Université Laval, à Québec. 
   Reçu médecin en 1907, il exerça d'abord sa profession dans son village natal, puis, à partir de 1920, à Rivière-au-Renard, en Gaspésie. En 1927, il s'installa à Montréal, puis à Charlemagne et à Trois-Rivières. 
   Sa véritable passion étant la poésie, à laquelle il s'adonna à partir de 1907, il a publié trois recueils de poésies : Les Fleurs tardives (1923) ; Les Aspects (1936) et Le Bouquet (1950). Il a publié d'autres poésies et des articles dans divers journaux et périodiques, dont Le Nouvelliste et Le Bien public. Quelques-uns de ses poèmes ont été mis en musique par Gédéon Boucher.
   Chanteur, il donna plusieurs tours de chant à travers le Québec, dont certains eurent pour maître de cérémonie Maurice Duplessis, futur premier ministre du Québec, avec lequel il s'était lié d'amitié. Durant les années 1930, il se rendit en France pour approfondir ses connaissances de l'art du chant. 
    Atteint d'une maladie cardiaque, il retourna à Batiscan, où il est mort le 22 décembre 1951.
   Le critique littéraire Roger Chamberland a dit de son oeuvre : « Le poète chante la Nature et y puise tout le réconfort que son âme en mal d'une radieuse sérénité voudrait obtenir ».  
(Sources : Thérèse Lafontaine-Cossette, Clovis Duval, dans Héritage revue de la Société de généalogie du Grand Trois-Rivières, vol. 38, no 4, hiver 2016, p. 33-34 ; Dictionnaire Guérin des poètes d'ici de 1606 à nos jours, Montréal, éditions Guérin, 2005, p. 487 ; Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, tome 2, Montréal, éditions Fides, 1981, p. 505 ; L'Artisan, 7 novembre 1979 Ancestry.ca).

De Clovis Duval, les Poésies québécoises oubliées ont également présenté : Soleil d'hiver et La partie de cartes.


Les aspects, recueil de Clovis Duval d'où
est tiré le poème Le vent du soir, ci-haut.

(Cliquer sur l'image pour l'élargir)

Préface de Jean-Louis Vaneille, spécialiste de la littérature de
Normandie, dans le recueil Les Aspects, de Clovis Duval.

(Cliquer sur le texte pour l'élargir) 

Clovis Duval, vers les années 1910.

(Fragment d'une photo de groupe. 
Source : Ginette Duval, sa petite-nièce)

Clovis Duval, vers la fin de sa vie. 

(Fragment d'une photo de groupe. 
Source : Ginette Duval, sa petite-nièce)

Le Bien public (Trois-Rivières), 
3 septembre 1909.

(Source : BANQ ; cliquer sur
l'article pour l'élargir)

Présentation d'un poème de Clovis Duval, suivi d'un commentaire de
Camille Duguay dans Le Canadien (Thetford Mines), 20 novembre 1919.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'article pour l'élargir)

Brève présentation du premier recueil de
poésies de Clovis Duval, Les fleurs tardives,
dans Le Bien public (Trois-Rivières) du 
7 juin 1923.

(Source : BANQ ; cliquer sur
l'article pour l'élargir)

Critique du recueil Les aspects, de Clovis Duval, par le poète et journaliste
Clément Marchand dans Le Bien public (Trois-Rivières), 12 novembre 1936.

(Sources : BANQ ; cliquer sur l'article pour l'élargir)

Le Devoir, 1er décembre 1936. 

(Source : BANQ ; cliquer sur 
l'article pour l'élargir)

Critique du recueil Les aspects, de Clovis Duval, dans 
le numéro de janvier 1937 de La Revue moderne.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'article pour l'élargir) 

Le recueil Les aspects, de Clovis Duval, a été l'objet 
d'une deuxième édition en 1938, comme en fait foi
cet article du Bien public du 15 décembre 1938.

(Source : BANQ ; cliquer sur
l'article pour l'élargir)

Le Nouvelliste (Trois-Rivières),
9 janvier 1939.


Le Soleil, 29 janvier 1952.

(Source : BANQ)

Clovis Duval fut durant plusieurs années maître de chant
pour sa paroisse natale de Saint-François de Batiscan.

(Source : Wikipedia)

Maison familiale de Clovis Duval, où il est mort en décembre 1951, à Batiscan.
Elle est située à côté de l'église, sur le Chemin du Roy, face au fleuve Saint-Laurent

(adresse civique : 661 rue Principale).

(Source :  Streetview ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Monument funéraire de la famille de Clovis Duval, 
au cimetière de Batiscan.

(Photo : Daniel Laprès, août 2019)

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