vendredi 26 février 2021

Le moulin de la Pointe-du-Lac

Le moulin seigneurial de la Pointe-du-Lac en 1925 et tel que le
connut Hervé Biron à l'époque où il composa le poème ci-dessous.


(Source : BANQ)




   Ô vieux moulin banal, je viens toucher tes pierres,
   Ton seuil aux nœuds saillants, tes murs enfarinés ;
   Et, près de toi, je veux, en fermant les yeux,
   Revivre tes beaux jours de joie illuminés.

   Ici j'évoquerai ce coureur d'aventures
   Qui, des Pays-d'en-haut, venu tout luisant d'or,
   Durci par le commerce hasardeux des fourrures,
   Dissipa son avoir en attendant la mort. 

   C'est lui le bâtisseur de ta forte structure,
   De ce profond solage et de ce toit pointu ;
   Ces planchers onduleux, ces canaux à mouture
   Et, dans tes murs, ces attaches de fer battu.

   Chaque jour tu voyais les joyeux censitaires
   T'apporter à pleins sacs leur beau froment doré ;
   De solides meuniers, rudes et volontaires,
   Surveillaient le blutoir comme un vase sacré.

   Hélas ! Je n'entends plus jamais grincer tes meules.
   La riche poudre blanche en l'air ne vole plus.
   Les aubes de ta roue imperturbable, seules,
   Affirment que tes jours ne sont pas révolus.

   Mais tu gardes toujours ton aspect romantique.
   Les flots que tu reçois viennent des mêmes bois,
   Où l'érable séveux et le pin balsamique
   Chantent dans le grand vent ta gloire et tes émois.

   Dans l'étang minuscule où stagne une eau brouillée,
   La rivière un instant se répand et se perd.
   Puis son cours déchaîné, dans l'écluse rouillée,
   S'introduit et s'écroule avec un bruit d'enfer.

   Comme un vieux philosophe, insensible aux années,
   Dressé dans ton manteau de pierre et de mortier,
   Tu gardes à nos yeux tes grâces surannées
   Et notre orgueil se rend devant ton front altier. 

                                           Hervé Biron(1939)



Tiré de : Hervé Biron, Paroissiales, Trois-Rivières, 1939, p. 7-8. 

*  Hervé Biron est né à la Pointe-du-Lac le 12 mai 1910, d'Arthémis Biron, marchand général, et d'Athaïs Comeau. Il fit ses études classiques au Collège Séraphique à Trois-Rivières, puis au juniorat du Sacré-Cœur à Ottawa, où il fit ses humanités et sa philosophie au Collège d'Ottawa.
   Il entra au Nouvelliste de Trois-Rivières, où il fut journaliste de 1934 à 1947, puis rédacteur en 1946 et rédacteur en chef en 1954. Il fut parallèlement, de 1934 à 1947, correspondant de Trois-Rivières pour le journal L'Action catholique, de même qu'archiviste au Séminaire Saint-Joseph de 1942 à 1947. Il collabora également aux quotidiens Le Soleil de Québec et Le Devoir de Montréal, de même qu'à l'hebdomadaire Le Bien public de Trois-Rivières. 
   Il fut également secrétaire de la Société Saint-Jean-Baptiste de Trois-Rivières en 1941, de même que secrétaire (1845-1948) puis président (1948-1956) de la Société d'histoire de Trois-Rivières. Au milieu des années 1960, il devint rédacteur-adjoint au Journal des Débats, au Parlement de Québec. 
   Il est l'auteur de romans, notamment Poudre d'or (1945) et Nuages sur les brûlés (1948), dont a été tirée en 1959 une mini-série télévisée, Les brûlés, mettant en vedette Félix Leclerc. Il a aussi publié des essais historiques, dont Vers les pays d'en-haut (1944, co-écrit avec l'abbé Albert Tessier) et Grandeurs et misères de l'Église trifluvienne (1947). À sa mort, il travaillait aux dernières retouches d'un recueil de poésies intitulé L'Herbier de chair, qui parut quelques mois après. 
   Hervé Biron est mort à Québec le 10 mai 1976. Il avait épousé Valéda Thibeault le 15 août 1936. À Trois-Rivières, la rue Hervé-Biron a été nommée à sa mémoire. 
(Sources : Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, tome 3, Montréal, Fides, 1982, p. 801 ; Le Nouvelliste, 20 mai 1976 ; Le Bien public, 14-21 mai 1976). 


Hervé Biron (1910-1976)

(Source : son ouvrage Paroissiales, 1939)


Le poème Le moulin, ci-haut, est tiré d'un ouvrage
publié par Hervé Biron en 1939, intitulé Paroissiales
qui contient trois autres poèmes composés en vue
du bicentenaire de la Pointe-du-Lac, et qui sont 
dédiés au lac Saint-Pierre, au Manoir et au 
Couvent. À cette suite poétique est ajoutée 
le texte d'une conférence donnée par Hervé
Biron sur l'œuvre du poète Francis Jammes
mort peu avant, en 1938. Pour consulter ou 
télécharger cet ouvrage de 25 pages, cliquer
 sur l'image de sa couverture :


Dédicace manuscrite d'Hervé Biron, dans Vers les Pays
d'en-haut 
(1944), qu'il a co-écrit avec l'abbé Albert Tessier.

(Collection Daniel Laprès ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Hervé Biron, plus tard dans sa vie. 

(Source : Dictionnaire des œuvres littéraires du
Québec
, tome 3, Montréal, Fides, 1982, p. 801)

Le Nouvelliste, 20 mai 1976.

(Source : BANQ ; cliquer
sur l'image pour l'agrandir)

Le Nouvelliste, 21 mai 1976.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le Bien public, 14-21 mai 1976.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le Nouvelliste, 2 juillet 1976.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le moulin seigneurial de la Pointe-du-Lac a longtemps été négligé, 
tel qu'on le constate sur cette photo datant de 1953. 

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le moulin seigneurial de la Pointe-du-Lac restauré, tel qu'il paraît de nos jours. 

(Source : Patrimoine culturel du Québec)


Le moulin seigneurial de la Pointe-du-Lac a été préservé, 
reconnu monument historique, restauré et rendu à notre 
mémoire collective  grâce à un combat de tous les instants 
mené durant des décennies par Madame Mariette Cheney 
(1923-2013), qui a ainsi réalisé le vœu qu'exprimait Hervé 
Biron par son poème de 1939. Pour en savoir plus sur cette 
exemplaire compatriote et artiste, cliquez sur sa photo : 



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lundi 22 février 2021

Naufrage du Titanic

Représentation artistique du naufrage du Titanic le 14 avril 1912.

(Source : Clickamericana.com)




   Il s'appelait titan, et, sur l'onde écumante,
   Jamais on n'avait vu une telle masse flottante ;
   De l'avant qui fend l'onde à la poupe qui fuit,
   On mesurait, dit-on, d'un hameau le circuit ;
   Sur les flots mugissants, qui se creusent, s'élancent,
   Forment des monts altiers dont les sommets s'avancent
   Et, comme un escadron paraissent se mouvoir,
   Rarement on voyait le géant s'émouvoir :
   Il narguait l'aquilon, défiait la tempête,
   Sur l'océan soumis, affirmait sa conquête.

   Et l'homme, en son orgueil, se pâmant de plaisir,
   Disait, le regardant : «Je puis tout accomplir !»
   Quand le monstre d'acier, à la cale profonde,
   Quitta les bords anglais pour ceux du nouveau monde,
   Ses salons, ses boudoirs, rayonnants de clarté,
   Regorgeaient de la fleur de la société ;
   Celle-ci, de confort pleinement entourée,
   Goûtait la confiance autrefois ignorée
   Contre les coups subits du perfide élément
   Qui souvent aux marins sait paraître inclément.

   Chacun de ces richards, comblés en l'occurrence,
   Vantait cette victoire acquise à la science
   Et se glorifiait comme d'un grand honneur, 
   Fortunés passagers, d'en avoir la primeur.
   Acclamant ce départ, l'antique renommée,
   Aujourd'hui plus bavarde et la presse nommée,
   Élevait à la nue et même jusqu'au ciel
   Le moderne et puissant progrès matériel.
   Et le titan, toujours, reliant à la terre
   Son cours audacieux par la voix du tonnerre,
   S'avançait vers New York, ce port américain
   Qui renferme, dit-on, un peu le genre humain. 

   On s'en allait ainsi, au sein du brouillard dense,
   En se livrant au flirt, au plaisir, à la danse, 
   Quand soudain, à bâbord, causant un léger bruit,
   Comme un déchirement de métal se produit
   Sans pourtant des marins troubler la quiétude,
   Ni même aux passagers causer d'inquiétude ;
   Et l'orchestre aux danseurs prodiguant ses accords,
   Prolongeait un turkey pour ladies et milords ;
   Mais la danse aux dindons fut bientôt impossible
   Sur le pont qui s'incline et... ô clameur horrible !
   On entendit partout, dominant les violons,
   Ces cris désespérés : «Nous sombrons ! Nous coulons !»
 
   Et l'horreur, succédant au plaisir, à la joie,
   L'on vit la mer immense assiéger sa proie,
   Engloutir lentement le colosse d'acier,
   Monter sur son avant, le couvrir en entier,
   Envahir brusquement les salons, les cabines,
   Mettre un comble au désordre en noyant les machines,
   Éteindre le courant de l'électricité
   Et plonger ce palais dans l'obscurité.
   Et puis c'est l'heure affreuse acquise au sauvetage
   Où l'âpre désespoir voisine le courage. 

   Un peu plus tard, enfin, le titan disparu
   Laissait, aux environs d'un glacier apparu,
   Des victimes luttant, hurlant contre la vague
   Qui, bientôt leur tombeau, reprend la rumeur vague.
   Quelques rares esquifs, balancés par les flots,
   Montrent les survivants commis aux matelots :
   Quinze cents naufragés, tel est le plus bas nombre,
   Connurent le trépas durant cette nuit sombre.

   Et l'orgueil insensé, du coup coulant à pic,
   Sombra, la chose est sûre, avec le Titanic. 

                                     Aristide Magnan* (1912)



Tiré de : Abbé D.-M.-A. Magnan, Rime et raison ; poèmes populaires, Québec, L'Action sociale, 1923, p. 223-225.  

*  Denis Michel Aristide Magnan est né à Sainte-Ursule (Maskinongé) le 28 septembre 1863, de Jean-Baptiste Magnan et d'Adéline Béland. Il fut baptisé le même jour dans la paroisse voisine de Saint-Justin. En 1880, il entrait à l'École normale Laval de Québec, puis au Grand séminaire de Québec, où il étudia la philosophie et la théologie. 
   Ordonné prêtre le 13 juin 1886, il fut d'abord vicaire aux Éboulements (1887-1888) ; à Baie-Saint-Paul (1888-1889) ; à la cathédrale de Chicoutimi (1889). De 1890 à 1893, il partit à Rome où il étudia au Collège canadien, qui lui décerna un doctorat en théologie. À son retour au pays, il fut professeur au collège de Lévis (1893-1895), puis curé de Saint-Gilles (1895-1898). Il se rendit ensuite aux États-Unis, où il fut vicaire à  la paroisse Notre-Dame de Fall River (Massachusetts) de 1899 à 1902, puis à la paroisse Saint-Roch dans la même ville en 1902-1903. Puis il devint successivement curé de deux paroisses du Michigan, Saint-Joseph de Muskegon, de 1903 à 1906, et Sainte-Marie de Manistee en 1905-1906. Il fut de 1906 à 1912 vicaire à Saint-Antoine de New Bedford (Massachusetts). Revenu au pays après quatorze années aux États-Unis, il fut d'abord nommé missionnaire diocésain à Québec, puis, en 1913, vicaire à Lévis. 
   Il a publié de nombreux articles et ouvrages sur divers sujets, dont Essai d'apologétique (1902) ; Histoire de la race française aux États-Unis (1912) ; Rime et raison ; poèmes populaires (1923) et Notre-Dame-de-Lourdes de Fall River (1925). À sa mort, il travaillait à la préparation de Noblesse et couardise, roman historique tiré de l'Histoire de Nouvelle-France par le jésuite Pierre-François-Xavier Charlevoix.
   En 1914, il devenait curé de la paroisse Saint-Désiré du Lac-Noir (aujourd'hui nommé Black Lake, dans la région de Chaudière-Appalaches). Il y resta en fonction jusqu'à sa mort, survenue le 22 février 1929, à son presbytère. Il repose dans une crypte sous l'église Saint-Désiré.
  Il était le frère de Charles-Joseph Magnan, inspecteur général des écoles catholiques du Québec, et d'Hormisdas Magnan, auteur de nombreux ouvrages historiques et monographies sur divers villages du Québec. 
(Sources : Précis d'histoire littéraire : littérature canadienne-française, Procure des missions des Soeurs de Sainte-Anne, Lachine, 1928, p. 190-191 ; Le Canadien, Thetford-Mines, 28 février 1929).


Aristide Magnan (1863-1929)
en 1887, un an après son ordination sacerdotale.

(Source : Archives du Séminaire de Québec ; 
Musée de la civilisation du Québec)

Naufrage du Titanic, ci-haut, est tiré de
Rime et raison, recueil d'Aristide Magnan.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Aristide Magnan vers la fin de sa vie, alors qu'il était
curé au Lac-Noir (aujourd'hui nommé Black-Lake).

(Source : Précis d'histoire littéraire ; littérature
canadienne-française
, Lachine, Procure des 
missions des Sœurs de Sainte-Anne, 1928)
 
Article paru à la une du journal Le Canadien (Thetford-Mines) le 28 février 1929.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

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vendredi 19 février 2021

Moisson hibernale

Gaétan Valois (1886-1952)

(Source : Biographies canadiennes-
françaises
, Montréal, 1927, p. 489)




   Le ciel, ce soir, est comme un champ
   Dont la terre est le firmament.

   Avec des clartés dans ses voiles,
   La neige semble le soleil
   De l'août céleste aux fruits vermeils ;
   On fait la moisson des étoiles.
   Saison joyeuse des hivers
   Où l'été revient à l'envers. 

   Déjà le chariot de l'Ourse,
   Sous la charge des épis d'or,
   Ouvre un cortège à Messidor
   Le Sagittaire prend sa course.
   Partout à l'œuvre, les Gémeaux
   Chantent en cueillant des émaux.

   Là-bas, la Vierge qui se penche
   Est la glaneuse qui les suit ;
   Un clair de neige dans la nuit
   Illumine sa robe blanche.
   Un peu plus loin, un moissonneur
   Se redresse las de labeur.

   Comme une faucille brillante,
   Il aiguise le croissant fin,
   Et lance à chaque tour de main
   Un éclair d'étoile filante.
   Le Verseau préside au torrent
   Où les bêtes boivent en rang.

   En ôtant son chapeau, Saturne
   Éponge une perle à son front,
   Et, sans retarder la moisson,
   Il tend sa lèvre au bord de l'Urne.
   Ici-bas, froide est notre nuit,
   Mais au ciel un bel été luit.

   Les étoiles, sous l'hécatombe 
   Que poursuit la cruelle faulx,
   Vont disparaître, car il faut
   Que la dernière gerbe tombe.
   Ils se hâtent, les ouvriers,
   De remplir les divins greniers.

   Mais dès que l'Orient se dore,
   C'est la fin du jour sidéral ;
   La récolte du champ astral
   Est emporté avant l'aurore.
   Et l'on s'occupera demain
   Des épis mûrs du clos voisin.

                    Gaétan Valois* (1927)



Tiré de : J. L. L. d'Artrey, Quinze ans de poésie française à travers le monde. Anthologie internationale, Paris, La France universelle, 1927, p. 189-190. 

*  Gaétan Valois est né à Sainte-Scholastique le 2 juillet 1886, de J.-Évariste Valois, notaire, et de Corinne Langlois. Il fit ses études classiques aux séminaires de Sainte-Thérèse et de Joliette, puis il étudia le droit à l'Université de Montréal, dont il fut diplômé en 1911.
   Pendant ses études de droit, il fit du journalisme au journal Le Canada, que dirigeait son oncle, Godfroy Langlois. Il débuta sa pratique de notaire à Saint-André-d'Argenteuil, puis s'installa quelques temps à Montréal. Il reprit le bureau notarial de son père, à Lachute, à la mort de celui-ci, et il exerça cette profession dans cette ville jusqu'à son décès. 
   Il fut président d'élection dans son comté et officier rapporteur lors de diverses campagnes électorales. De 1916 à 1922, il fut conseiller municipal de la ville de Lachute, puis commissaire d'école. En 1943, il fut nommé membre du Comité catholique de l'Instruction publique, à Québec. Il est l'un des fondateurs de l'Hôpital de la Providence, dans cette même municipalité. Il fut durant les années 1920 secrétaire général de l'Association du notariat canadien, et devint plus tard, jusqu'en 1948, vice-président de la Chambre des notaires du Québec.
   Tout en exerçant sa profession, passionné de littérature, il fut notamment administrateur et rédacteur en chef du journal L'Autorité et collabora à divers journaux et périodiques, dont L'Avenir du Nord (Saint-Jérôme) où il publia en 1949 et 1950, sous la signature de « L'Aigle d'Argent » une série de « Propos d'un Sauvage  Calumet hebdomadaire ». Il publia des poésies éparpillées dans divers journaux, dont quatre furent sélectionnées pour faire partie de l'anthologie internationale Quinze ans de poésie française à travers le monde, parue à Paris en 1927. Il donna des conférences sur des thèmes culturels. Il s'intéressa aussi à la musique, ayant composé des pièces pour piano et autres instruments, dont certaines furent publiées dans la revue musicale et littéraire Le Passe-Temps. Il a aussi écrit des opérettes dont l'une, Philippino, fut mise en musique par Oscar O'Brien et jouée à la radio de Radio-Canada en 1943. Il est également l'auteur de chansons et fut lui-même un chanteur apprécié. 
    En 1953, les éditions Fides ont publié de lui une œuvre posthume, Minutes retrouvées.
   Gaétan Valois est mort à Lachute le 1er décembre 1952. Il avait épousé Blanche Champagne le 10 juin 1912. Douze enfants naquirent de cette union. Il était le cousin de Léonise Valois (nom de plume « Atala »), première femme ayant publié un recueil de poésies au Québec).
(Sources : Biographies canadiennes-françaises, Montréal, 1927, p. 489 ; Les biographies françaises d'Amérique, Sherbrooke, Les Journalistes associés, 1950, p. 744 ; L'Avenir du Nord, 10 avril 1925 et 5 décembre 1952 ; Le Devoir, 10 août 1935, p. 1 et 19 mars 1943, p. 1 ; Louise Warren, Léonise Valois, femme de lettres, Montréal, L'Hexagone, 1993, p. 284). 


Le poème Moisson hibernale, ci-haut, de
Gaétan Valois, est paru dans l'anthologie 
Quinze ans de poésie française à travers
le monde
, publiée à Paris en 1927. On 
peut télécharger le volume ICI.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Introduction aux poèmes de Gaétan Valois dans Quinze
 ans de poésie française à travers le monde
, une
anthologie internationale parue à Paris en 1927.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)



Gaétan Valois a publié des pièces musicales dans la revue 
littéraire et musicale montréalaise Le Passe-Temps.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Les Poésies québécoises oubliées ont retrouvé une valse composée
par Gaétan Valois en 1905, alors qu'il avait 19 ans. Pour en entendre 
une interprétation par Michel Du Paul, cliquer sur cette image : 


Entrefilet dans le journal humoristique Le Canard 
du 20 septembre 1908 au sujet de Gaétan Valois.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Compte-rendu d'une conférence de Gaétan Valois dans
L'Avenir du Nord (Saint-Jérôme) du 10 avril 1925.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Gaétan Valois a achevé en 1935 le livret d'une opérette, 
Philippino, mise en musique par Oscar O'Brien. Lucien
Desbiens, critique musical au Devoir, publia en première
page du journal, le 10 août 1935, une longue critique, 
fort élogieuse, de l'œuvre. On peut prendre connaissance
de cette critique en cliquant sur le titre de l'article :



Malgré les critiques élogieuses, il aura fallu huit ans
pour que l'opérette Philippino, dont le texte est de
Gaétan Valois, soit finalement jouée, à la radio de
Radio-Canada, le 15 mars 1943. Lucien Desbiens, 
critique musical au Devoir, se montre alors tout 
aussi élogieux qu'il ne l'était huit ans plus tôt, 
alors qu'il découvrait le livret et la musique de
l'œuvre. En témoigne cet article paru encore
une fois en première page dans Le Devoir du 
19 mars 1943 (cliquer sur l'image 
pour l'agrandir) : 


Gaétan Valois

(Source : Les biographies françaises
d'Amérique
, Sherbrooke, Les 
journalistes associés, 1950)

L'Avenir du Nord, 5 décembre 1952.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

En avril 1953, soit quatre mois après la mort,
de Gaétan Valois, parut un recueil de textes 
intitulé Minutes retrouvées. Valois est décédé
subitement alors qu'il se préparait à la sortie
de ce livre d'une très bonne tenue littéraire
 qui contient diverses chroniques et histoires
que l'esprit et l'humour de l'auteur rendent
 aussi vivantes que captivantes.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


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dimanche 14 février 2021

Les Étoiles

Louis Dantin (1869-1945)

(Source : son recueil Le coffret de Crusoé)




   Par les soirs somnolents d'été, lorsque l'azur
   A bruni ses derniers reflets d'or ou d'opale,
   Chaque étoile, à son rang, dans le ciel vaste et pur
   Arrive, et lentement suspend son flambeau pâle.

   Bientôt leurs légions se pressent ; d'un vol sûr
   Toutes vont déployant leur splendeur virginale
   Et, sous leurs diamants de feu, l'éther obscur
   Brille comme un manteau de reine orientale.

   Étoiles, qui donnez à l'espace des fleurs, 
   Des sourires aux nuits, des hymnes au silence,
   Et des rayons à l'ombre et du calme à nos pleurs ;
   
   Quand vous montez, la paix pour mon âme commence,
   Car je crois, devinant vos mystiques lueurs,
   Dans vos yeux d'infini lire l'Amour immense.

                                         Louis Dantin (1900)



Tiré de : Louis Dantin, Le coffret de Crusoé, Montréal, Éditions Albert Lévesque, 1932, p. 11-12. Le poème est originellement paru en 1900 dans la revue Le Petit messager du Saint-Sacrement, puis la même année dans Franges d'autel, recueil collectif de poésies dont l'édition fut supervisée par Louis Dantin. Il paraît également dans le volume publié en 1968 et consacré à Louis Dantin dans la collection "Classiques canadiens", aux éditions Fides (voir dans les documents ci-dessous). 

Pour en savoir plus sur Louis Dantin, voyez la notice biographique et les documents sous son poème Évocation

Le poème Les Étoiles, ci-haut, est tiré du recueil
 Le coffret de Crusoé, de Louis Dantin, que l'on
peut télécharger gratuitement ICI.

Dédicace manuscrite de Louis Dantin au poète
Nérée Beauchemin, dans son ouvrage Poètes
de l'Amérique française
(1928).

(Collection Daniel Laprès ;
 cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Un volume de la collection littéraire 
"Classiques canadiens", aux éditions
Fides, est consacré à Louis Dantin.
Il est paru en 1968.

Louis Dantin, vers la fin de sa vie.

(Source : Yves Garon, Louis Dantin,
Montréal, Fides, 1968 ; cliquer sur
l'image pour l'agrandir)

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