lundi 2 mars 2020

Mars

L'érablière, de Marc-Aurèle Suzor-Côté

(Source : Galerie Michel Bigué)




   Adieu les jours sereins, et les nuits étoilées ! 
   La neige à flocons lourds s'amoncelle à l'horizon,
   Au penchant des coteaux, dans le fond des vallées :
   C'est le dernier effort de la rude saison. 

   C'est le mois ennuyeux, le mois des giboulées ;
   Des frimas cristallins l'étrange floraison
   Brode ses fleurs de givre aux branches constellées ;
   Là-bas un trait bronzé dessine l'horizon.

   Le vieux chasseur des bois dépose ses raquettes ; 
   Plus d'orignaux géants, plus de biches coquettes,
   Plus de courses lointaines au lointain Labrador !

   Il s'en consolera dans la combe voisine,
   En regardant monter, sur un feu de résine,
   La sève de l'érable en brûlants bouillons d'or.


                                    Louis Fréchette (1879) 
   

Tiré de : Louis-H. Fréchette, Les oiseaux de neige, Québec, C. Darveau imprimeur, 1879, p. 11-12. 

Mars, ci-haut, est le deuxième d'une série de douze sonnets de Louis Fréchette et intitulée L'année canadienne. Pour Janvier, cliquer ICI

Pour en savoir plus sur Louis-H. Fréchette, voyez ICI et ICI.

De Louis-H. Fréchette, les Poésies québécoises oubliées ont également présenté : Le matin ; Un soir au bord du lac Saint-Pierre ; Une correspondance poétique ; Janvier ; Février.


Les oiseaux de neige, recueil de Louis Fréchette,
d'où est tiré le sonnet Mars, ci-haut.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Louis Fréchette (1839-1908)

(Source : Québec éternelle, p. 116)

Dédicace manuscrite de Louis Fréchette dans son troisième
recueil de poésies, Pêle-mêle, paru en 1877.

(Collection Daniel Laprès ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

En 1880, Louis Fréchette devient le premier écrivain issu du Québec à remporter
le prix Montyon de l'Académie française pour son recueil Les Fleurs boréales.
Ce volume, d'abord paru à Québec, en 1879, chez l'éditeur Darveau, fut à cette
occasion publié à Paris dans une édition incluant Les oiseaux de neige.

L'illustration de droite, où l'on voit Fréchette ainsi que la coupole de
 l'Académie française où le poète fut solennellement reçu, se trouve
à l'intérieur de l'édition parisienne des Fleurs boréales.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

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