jeudi 6 août 2020

Trèfle rouge et trèfle blanc






   Jamais les lis ni les roses
   Ne rappellent à mon cœur
   Autant de charmantes choses
   Que du trèfle l'humble fleur.
   Avec mes amis d'enfance,
   J'allais jouer dans les champs, 
   Embellis par la présence
   Des trèfles rouges et blancs.  

   Que je les trouvais donc belles,
   Ces plaines où nous allions
   Poursuivre les sauterelles,
   Les volages papillons,
   Et cueillir, comme la manne,
   Nos petits bouquets charmants,
   Mêlant au foin diaphane
   Les trèfles rouges et blancs !

   Ah ! ce beau temps de l'enfance,
   Si pur, si doux et si frais,
   Temps de paix, de jouissance,
   Qui nous le rendra jamais ?
   Où sont ces longues journées ?
   Et les fleurs toutes fanées,
   Trèfle rouge ou trèfle blanc ?

           Anna-Marie Duval-Thibault (août 1886)



Tiré de : Anna-Marie Duval-Thibault, Fleurs du printemps, Fall River (Massachusetts), Société de publication de l'Indépendant, 1892, p. 55-56.


Pour en savoir plus sur Anna-Marie Duval-Thibault, voyez la notice biographique et les documents sous son poème Le ruisseau qui murmure.

D'Anna-Marie Duval-Thibault, les Poésies québécoises oubliées ont également présenté : La fauvette
 Les marches naturelles de la rivière Montmorency.

Nous vous suggérons également : Paroles de reconnaissance à Madame Duval-Thibault


Anna-Marie Duval-Thibault (1862-1958)

(Source : Le coin du feu, février 1893)

Le poème Trèfle rouge et trèfle blanc, ci-haut,
est tiré de Fleurs du printemps, unique recueil
de poésies d'Anna-Marie Duval-Thibault, et
premier recueil de poésies publié par une
femme d'origine canadienne-française et
aussi premier volume publié par une femme
canadienne-française sous son vrai nom.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

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