mardi 16 mars 2021

L'île d'Orléans

Marie-Anne Routhier-Lachance (1863-1930)

(Source : Madeleine Huguenin, Portraits de femmes,
Montréal, éditions La Patrie, 1938, p. 167)




              Le soir, quant tout repose, 
              Que l'horizon changeant 
              Jette un nuage rose
              Sur le fleuve d'argent,

              Je sens la poésie
              Se dégager de toi,
              Île vraiment choisie
              Et bien digne d'un roi.

              Royale, tu l'es : même
              Ton titre est enlacé
              Aux lys d'un diadème
              Brillant dans le passé...

   Je voudrais rappeler tes anciennes légendes
   Où la voix des aïeux se fait entendre encor ;
   J'aimerais à parler du parfum de tes landes,
              De tes champs couleur d'or.

   Que ne puis-je évoquer ces fantômes, ces ombres,
   Qui charmèrent jadis notre esprit enfantin,
   Ces légers feux-follets qui, par les nuits très sombres,
              Erraient jusqu'au matin.

              Sur ma trop faible lyre,
              Que je voudrais pouvoir,
              Ô terre que j'admire,
              Te célébrer ce soir !

              Chanter la poésie
              Qui s'exhale de toi,
              Île vraiment choisie,
              Bijou digne d'un roi !

                       Marie-Anne Routhier-Lachance* (1928)



Tiré de : revue Le Canada français, Québec, décembre 1928, p. 229.

*  Marie-Anne Routhier est née à Québec le 3 mai 1863, de François-Xavier Routhier et de Zoé Tourangeau. On ne sait pas où elle fit sa scolarité, mais ses œuvres poétiques témoignent de connaissances littéraires approfondies, du genre de celles que les jeunes filles de l'époque acquéraient au couvent des Ursulines, à Québec.
    En 1903, elle épousa Arthur Lachance, avocat, qui deviendra plus tard député puis juge. Il fut l'un des deux procureurs de la Couronne dans la cause fameuse d'Aurore Gagnon, dite « l'enfant martyre ».
   Elle publia de nombreux poèmes qui sont restés dispersés dans divers journaux et revues, dont Le Canada français (de l'Université Laval) ; Le Terroir ; la Revue franciscaine ; La Presse ; Le Soleil ; L'Écho du Saint-Maurice, etc. Une bonne partie de son œuvre poétique n'a pas été publiée et fut détruite.
   En 1926, elle se vit attribuer la Lyre d'or, premier prix du concours annuel de la Société des poètes canadiens-français, pour son poème Les fées d'autrefois.
   Atteinte d'une grave maladie une quinzaine d'années avant son décès, sa mobilité devint de plus en plus réduite et elle passa les dernières années de sa vie confinée à sa chambre, où elle continua de composer des poèmes et où elle recevait de fréquentes visites de divers journalistes et écrivains, dont « Ginevra » (nom de plume de Georgina Lefaivre, chroniqueuse littéraire au Soleil), et « Madeleine » (nom de plume d'Anne-Marie Gleason-Huguenin, femme de lettres montréalaise). 
  Marie-Anne Routhier-Lachance est morte à Québec le 3 février 1930. Elle repose au cimetière Notre-Dame-de-Belmont, à Québec.
(Sources : Madeleine Huguenin, Portraits de femmes, Montréal, éditions La Patrie, 1938, p. 166 ; Marie-Paule Desjardins, Dictionnaire des femmes célèbres et remarquables de notre histoire, Montréal, Guérin, 2007, p. 427 ; Le Soleil, 6 et 8 février 1930). 

Le poème L'île d'Orléans, ci-haut, d'Anne-Marie
Routhier-Lachance, est paru en décembre 1928
 dans la revue littéraire Le Canada français.
Pour consulter ce numéro de la revue, cliquer ICI.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Dans son ouvrage Portraits de femmes, paru en 1938,
Madeleine Gleason-Huguenin, femme de lettres très
active dans la vie littéraire montréalaise du temps,
présente un beau et émouvant portrait de Marie-
Anne Routhier-Lachance, décédée huit ans plus tôt. 
Pour consulter ce témoignage, cliquer sur la 
couverture du volume :


Le Soleil du 10 février 1926 fait état de l'obtention
par Marie-Anne Routhier-Lachance de la Lyre d'or,
 premier prix du concours annuel de la Société des
poètes canadiens-français.

(Source : BANQ ; cliquer
sur l'image pour l'agrandir)


« Ginevra », nom de plume de Georgina Lefaivre
responsable des pages littéraires du journal Le
Soleil, de Québec, a consacré dans l'édition du 9
mars 1929 un article à la poésie de Marie-Anne 
Routhier-Lachance. L'article contient notamment 
les cinq strophes du poème Fées d'autrefois, qui
valut a l'auteur, en 1926, le premier prix annuel
de l'Association des poètes canadiens-français. 
Pour consulter l'article, cliquer 
sur la photo de Ginevra : 


Le Soleil, 4 février 1930. À noter que l'âge
de la défunte était 66 ans et non 64.

(Source : BANQ ; cliquer
sur l'image pour l'agrandir)

La Presse, 5 février 1930. À noter que
l'âge de la défunte était 66 ans et non 64.

(Source : BANQ ; cliquer
sur l'image pour l'agrandir)

Le Soleil, 6 février 1930.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Hommage publié par « Ginevra », nom de plume de Georgina Lefaivre, directrice
des pages littéraires du Soleil, dans l'édition du 8 février 1930 de ce journal. 

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

La Presse, 8 février 1930.

(Source : BANQ ; cliquer
sur l'image pour l'agrandir)

Hommage du père franciscain Marcel-Marie publié dans Le Soleil du 26 avril 1930,
soit deux mois et demi après la mort de Marie-Anne Routhier-Lachance.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

L'île d'Orléans, chantée par Marie-Anne Routhier-Lachance dans le poème ci-haut.

(Source : Patrimoine culturel du Québec ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)


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