vendredi 1 février 2019

Autrefois

Arthur de Bussières (1877-1913)

(Source : BANQ)




   Lorsque j'étais enfant, mon âme solitaire
   Aimait le songe vague auprès des églantiers,
   Où mes pas lents fouillaient, au tournant des sentiers,
   Les herbes et les fleurs que me faisait la terre.

   Et je cherchais toujours, rêvant des jours entiers
   Le front enseveli dans quelque grand mystère,
   Pendant que s'éveillaient sous ma prunelle austère
   Des nids pourprés à l'aube où, merles, vous chantiez.

   Et quand les feux du ciel aux voûtes triomphales,
   Ainsi qu'un sable d'or roulant sur les rafales,
   Tourbillonnaient grandis dans l'orbe éblouissant,

   Ne sachant même pas les temps et leurs désastres,
   De la scène ébloui, poète adolescent,
   J'accoutumais mon coeur au flamboiement des astres.

                                  Arthur de Bussières* (1901)



Tiré de : Arthur de Bussières, Les Bengalis, poèmes épars recueillis par Casimir Hébert, Montréal, Éditions Édouard Garand, 1931, p 85-86. Le poème parut pour la première fois le 19 janvier 1901 dans Le Passe-Temps.

*  Arthur Bussière, qui s'est fait connaître sous le nom d'Arthur de Bussières, est né à Montréal le 20 janvier 1877, de Fabien Bussière et de Rachel Bariault. Sa famille ayant souvent déménagé, il fréquenta diverses écoles, dont l'Académie Saint-Jean-Baptiste dirigée par les Clercs de Saint-Viateur. Quelques indices laissent supposer que, après l'école primaire, il aurait fréquenté l'École polytechnique.
   En 1895, à l'âge de 18 ans, il quitta le foyer familial et commença à gagner sa vie comme peintre en bâtiment et décorateur de vitrines commerciales. Il vécut dès lors dans des conditions avoisinant la misère. C'est à cette époque qu'il devint poète. Son premier sonnet apparut dans Le Monde illustré du 5 septembre 1896.
   Le 1er octobre 1896, il fut officiellement admis à l'École littéraire de Montréal, où il introduisit peu après son ami Émile Nelligan. Outre Le Monde Illustré, ses poésies furent publiées dans Le Passe-Temps et Les Débats. Sept poèmes de lui sont inclus dans le recueil collectif Les soirées du Château de Ramezay. Il écrivit peu entre 1902 et 1911, année à partir de laquelle une dizaine de ses poèmes furent publiés dans Le Passe-TempsLa Revue populaire et L'Alliance nationale.
   Arthur de Bussières est mort à Montréal le 7 mai 1913, après une courte maladie.
  En 1931, soit dix-huit ans après sa mort, Casimir Hébert a rassemblé ses œuvres poétiques dans un recueil intitulé Les Bengalis.
(Sources : Bulletin des recherches historiques, décembre 1914 ; Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec, tome 2, Montréal, éditions Fides, 1981, p. 140 ; Laurent Mailhot et Pierre Nepveu, La poésie québécoise des origines à nos jours, Sillery/Montréal, Presses de l'Université du Québec et Les Éditions de l'Hexagone, 1981, p. 146).


Le sonnet Autrefois, ci-haut, est tiré du recueil
Les Bengalis, d'Arthur de Bussières et publié
en 1931 par Casimir Hébert. Seulement deux
exemplaires sont encore disponibles sur le
marché, soit ICI et ICI.


(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Ruines, première poésie publiée par Arthur de Bussières
et paru dans Le Monde Illustré du 5 septembre 1896.


(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Portrait d'Arthur de Bussières
par un dessinateur inconnu.


(Source : Pierre de Grandpré,
Histoire de la littérature française
du Québec
, tome 2, Montréal,
éditions Beauchemin, 1969).

Arthur de Bussières était membre de
l'École littéraire de Montréal, où il introduisit
son ami Émile Nelligan. On le voit au milieu
 de la rangée du haut.


(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Arthur de Bussières habitait un logis miteux dont l'édifice est
encore visible de nos jours au 3641 boulevard Saint-Laurent,
à Montréal. La flèche jaune indique la porte d'entrée. Émile
Nelligan l'y visitait souvent. Pour de plus amples informations,
voyez Frag sur la main, pages 14-18.


(Source : Street View ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Pensez au naufrage du Titanic, survenu le 14 avril 1912.
Puis songez au fait qu'Arthur de Bussières a publié ce
poème treize ans plus tôt, soit le 9 décembre 1899,
dans le journal Le Passe-Temps.


(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le journal Le Passe-Temps, qui a fréquemment
publié des poèmes d'Arthur de Bussières, lui a
rendu cet hommage dans son édition du 24 mai
1913, suite à la mort prématurée du poète à
l'âge de 35 ans.


(Source : BANQ :
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Un poète peu connu, Louis-J. Paradis, a publié
ce poème dans Le Passe-Temps du 24 mai 1913
en mémoire d'Arthur de Bussières.


(Source : BANQ

Le Devoir a publié cette mention de la mort
d'Arthur de Bussières le 10 mai 1913.


(Source : BANQ)

La préface du recueil des poésies d'Arthur de Bussières, Les Bengalis, que signe le poète
 Jean Charbonneau, donne un aperçu du personnage qu'était ce poète de la bohême
montréalaise du début des années 1900.


(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Dans son numéro de décembre 1914, le Bulletin des
recherches historiques
publia cette réponse à la question
d'un lecteur au sujet d'Arthur de Bussières.


(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire