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mardi 6 novembre 2018

Hymne aux martyrs de 1837

Félix-Gabriel Marchand (1832-1900)




   De Lorimier, que ta mémoire
         Brille d'éternelles clartés ;
   Que ton nom vive dans l'histoire,
   Symbole aimé de notre gloire
         Et de nos libertés.

   Ta mort, sacrifice ineffable,
         A consacré nos droits,
   Et la patrie, inviolable, 
   Est debout, fière, formidable,
         Arbitre de ses lois.

   Et vous Cardinal, vous Duquette,
         Vous tous, leurs compagnons,
   Victorieux dans la défaite,
   Votre martyre nous rachète ;
         Héros, nous vous aimons.

   Chénier, toi le brave des braves,
         Toi, mort en combattant !
   La nation, libre d'entraves,
   Te dois, ne comptant plus d'esclaves,
         Un hommage éclatant.

   Hommage aux dévouement sublimes,
         De ces hommes de coeur,
   Qui, purs de faiblesse et de crimes,
   Sur l'échafaud, nobles victimes,
         Sont au poste d'honneur.

   Ô saints martyrs de la patrie !
         Tout un peuple à genoux,
   Libre enfin de la tyrannie,
   Exhale sa ferveur et prie...
         Il se souvient de vous.

          Félix-Gabriel Marchand (1883)



Tiré de : Félix-Gabriel Marchand, Mélanges poétiques et littéraires, Montréal, C. O. Beauchemin & Fils - libraires-imprimeurs, 1899, p. 310-311. Le poème fut d'abord publié en 1883 dans la revue L'Album des familles. 

De Félix-Gabriel Marchand, les Poésies québécoises oubliées ont également présenté : ― La jeune mère au chevet de son fils.

Pour en savoir plus sur Félix-Gabriel Marchand, cliquer ICI.


L'Hymne aux martyrs de 1837, ci-haut,
est tiré des Mélanges poétiques et littéraires,
que Félix-Gabriel Marchand fit paraître un an
avant sa mort, alors qu'il occupait le poste
de premier ministre du Québec. Cet exemplaire
contient une dédicace manuscrite de F.-G. 

Marchand adressée à son frère Charles. 
(Collection Daniel Laprès ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir).

dimanche 24 septembre 2017

Où sont-ils les jours de notre gloire?



Toile monumentale réalisée en 1890-1891 par le peintre Charles Alexander SMITH (1864-1915), « L'Assemblée des six comtés » [de la vallée du Richelieu], où l'on voit Louis-Joseph Papineau haranguer la foule, à Saint-Charles-sur-le-Richelieu, le lundi 23 octobre 1837. Photographiée par Patrick Altman, cette toile que « la Province de Québec » n'a jamais payée ni accueillie dans ses locaux, la jugeant trop nationaliste, domine aujourd'hui la salle « Je me souviens », du Musée national des Beaux-Arts du Québec, à Québec. (Source : da-go.com).



     Quand nos aïeux partaient pour les combats,

                La force et le courage 
     Les précédaient, guidant toujours leurs pas
                Au plus fort du carnage.
     Ils ont été les plus braves soldats,
     Ils n'ont point su s'éloigner de l'orage ; 
     Et Carillon, Lacolle et Châteauguay
     Ont pour jamais consacré leur mémoire. 
     Ô souvenirs de sublime beauté !
     Mais où sont-ils les jours de notre gloire ?


     Il fut un temps où bientôt nous pensions
                Abattre l'insolence
     De cent faquins que nous entretenions
                Oisifs dans l'opulence. 
     Il fut un homme aux yeux des nations
     Qui les flétrit de sa mâle éloquence ; 
     Que de lauriers il aurait pu cueillir ! 
     Que tu fus belle, alors, ô notre histoire ; 
     Et devant nous, quel brillant avenir ! 
     Mais où sont-ils les jours de notre gloire ? 

     À nos malheurs en fut-il de pareils, 
                Le jour où la démence
     Seule régnant partout dans nos conseils,
                Brisa notre puissance ?
     Oh ! dites-moi, où sont donc les soleils
     Qui nous donnaient jadis tant d'espérance ; 
     Ceux qui devaient, par leurs sages travaux, 
     Au char du peuple enchaîner la victoire ?
     Ceux qui disaient : Oh ! nos jours seront beaux !
     Mais où sont-ils les jours de notre gloire ? 

     [...]

                             Auteur anonyme (1840)

Source : Le répertoire national, volume II, Montréal, J. M. Valois & Cie, Libraires-Éditeurs, 1893, p. 160-161.




Bataille de Québec, 1690 : Le gouverneur de Nouvelle-France, Louis de Buade, comte de Frontenac, repoussant l'offre de reddition de l'émissaire anglais : « La seule réponse que je ferai à votre général viendra de la bouche de mes canons et du feu de mes mousquets. » (Source : Wikipedia)