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lundi 31 août 2020

Qu'ils sont rares...

Suite à une conférence du concepteur de Nos poésies oubliées en hommage
 à Marie Ratté (1904-1961) ayant eu lieu dans le 
cadre des festivités du
 150anniversaire de Baie-des-Sables, ce village de La Matanie 
a
décidé de donner le nom de sa poète à sa bibliothèque municipale.


(Photo de gauche : Huguette Marcoux, 2 juin 2020 ;
Photo de Marie Ratté : courtoisie Pierre Ratté ;

cliquer sur l'image pour l'agrandir)





   Qu'ils sont rares ceux-là qui s'en vont magnanimes,
   Méprisant les hochets qui leurrent en chemin,
   Dont les regards épris de rayonnantes cimes
   Demeurent attachés à leurs rêves sublimes...
   Sans peur, la vérité peut leur tendre la main...

   Ces cœurs lourds d'idéal, comme des citadelles,
   Veillent pour la justice et pour la charité.
   Qu'elles sont loin pourtant ces devises fidèles
   Qui savent tout grandir, rendre les tâches belles,
   Et faire de la vie un hymne à la Beauté...

                                          Marie Ratté (1928)



Tiré de : Marie Ratté, Au temps des violettes, Beauceville, L'Éclaireur limitée, 1928, p. 32 ; deuxième édition, Baie-des-Sables, 2020, p. 40.  


Pour en savoir plus sur Marie Ratté, voyez la notice biographique sous son poème Si l'espoir.

De Marie Ratté, les Poésies québécoises oubliées ont également publié : Hymne à la poésie ; À un artiste ; Le vent (cliquer sur les titres).


Le poème Qu'ils sont rares... , ci-haut, est tiré du
recueil Au temps des violettes, de Marie Ratté.
Paru en 1928, le recueil était introuvable depuis
longtemps, mais une deuxième édition en a été
produite à l'été 2020. Pour s'en procurer un
exemplaire, cliquer ICI


Voyez également le dossier de six pages consacré à
Marie Ratté dans l'édition de juin 2020 de la revue
Au pays de Matane, dont on peut commander un 
exemplaire sur le site que l'on peut consulter 
en cliquant sur cette image : 



Les voix de nos poètes oubliés nous sont désormais rendues. 
Le concepteur de ce carnet-web a publié l'ouvrage en deux 
tomes intitulé Nos poésies oubliées, qui présente 200 de
de nos poètes oubliés, avec pour chacun un poème, une
notice biographique et une photo ou portrait. Chaque  
tome est l'objet d'une édition unique et au tirage limité. 
Pour connaître les modalités de commande de cet 
ouvrage qui constitue une véritable pièce de collection
cliquez sur cette image : 

samedi 6 juin 2020

Le vent

Suite à une conférence donnée par le concepteur de Nos poésies oubliées
en hommage à Marie Ratté (1904-1961) ayant eu lieu dans le cadre des
 festivités du 150anniversaire de Baie-des-Sables, ce village de La Matanie
a décidé de donner le nom de sa poète à sa bibliothèque municipale.

(Photo de gauche : Huguette Marcoux, 2 juin 2020 ;
Photo de Marie Ratté : courtoisie Pierre Ratté ;

cliquer sur l'image pour l'agrandir)





   Quand l'été vient en la saison nouvelle,
   Avec la joie et sous l'azur vivant,
   C'est dans les bois la chaude ritournelle
            Du vent. 

   Le soleil rit et la forêt chantante
   Voit sur son front passer à tout moment
   De fiers oiseaux sur l'aile triomphante
            Du vent. 

   Juillet s'avance et la nature entière
   Entre le soir dans son recueillement
   Et, grâce à toi, récite sa prière,
            Ô vent ! 

   Au temps jadis, à chaque beau dimanche,
   Quand s'en allait l'aïeule au cœur fervent, 
   Le cœur montait, avec sa coiffe blanche
            Au vent  !

   On est heureux, l'horizon est sans voile,
   On rit, on court sur l'abîme mouvant ;
   Et cependant, qu'est-ce qui souffle dans nos voiles ?
            Le vent ! 

                               Marie Ratté (1928)



Tiré de : Marie Ratté, Au temps des violettes, Beauceville, L'Éclaireur Limitée, 1928, p. 11.


Pour en savoir plus sur Marie Ratté, voyez la notice biographique sous son poème Si l'espoir

Voyez également le dossier de six pages consacré à
Marie Ratté dans l'édition de juin 2020 de la revue
Au pays de Matane, dont on peut commander un 
exemplaire sur le site que l'on peut consulter 
en cliquant sur cette image : 


Le poème Le vent, ci-haut, est tiré du recueil de
Marie Ratté, Au temps des violettes. Le recueil
sera réédité à l'automne 2020. Pour s'en réserver
un exemplaire, écrire à Huguette Marcoux à :
baiedessables@lamatanie.ca

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Dédicace manuscrite de Marie Ratté
dans son recueil Au pays des violettes.

(Collection Daniel Laprès)

Baie-des-Sables, coin de pays natal de Marie Ratté, face aux grands vents du golfe du
Saint-Laurent, comme en témoignent les nombreuses éoliennes en bordure du village.
Ce sont ces mêmes grands vents qui ont inspiré à Marie Ratté le poème ci-haut.

(Photo : Joanie Chamberland ;
source : Baie-des-Sables, notre village ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Maison natale de Marie Ratté. Elle y est aussi décédée en juillet 1961.
Cette demeure, magnifiquement conservée dans son état d'origine, est
située au 10, route 132, à Baie-des-Sables, face au Domaine Bel-Azur,
lequel fut fondé par la mère de la poète.

(Photo : Daniel Laprès, 22 juillet 2019 ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Le 22 juillet 2019, dans le cadre des fêtes du 150
anniversaire de Baie-des-Sables, une conférence en 
hommage à Marie Ratté fut donnée par le concepteur 
des Poésies québécoises oubliéesPour visionner la 
vidéo de la conférence, cliquer sur cette image : 



Les voix de nos poètes oubliés nous sont désormais rendues. 
Le concepteur de ce carnet-web a publié l'ouvrage en deux 
tomes intitulé Nos poésies oubliées, qui présente 200 de
de nos poètes oubliés, avec pour chacun un poème, une
notice biographique et une photo ou portrait. Chaque  
tome est l'objet d'une édition unique et au tirage limité. 
Pour connaître les modalités de commande de cet 
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jeudi 25 juillet 2019

À un artiste

Marie Ratté (1904-1961)

(Photo : courtoisie de son filleul Pierre Ratté)



                                    « ... car l'exquise harmonie
             Nous fait communier aux mêmes émotions,
             Doux lien mystérieux, elle unit notre vie
             Pour des moments trop courts ». 
                             Alice Lemieux, Les Heures effeuillées



   Vous saurez mieux combien j'aimais vous entendre ;
   Oh ! comme j'adorais votre musique tendre !
   Mon rêve s'envolait sous le vert olivier,
   À voir glisser vos doigts sur l'ardent clavier,
   Doux comme une caresse et racontant votre âme
   En jetant le tourment dans mon rêve de femme !
   Car lorsque vous jouez, j'éprouve un tel émoi
   Que vous ne pouvez pas ne pas songer à moi. 

   Je sais que l'art souvent abrite le mystère, 
   Que le rêve doré garde son signe austère,
   Que surtout la tristesse est au fond de l'amour,
   Tout comme l'harmonie est compagne du jour.
   C'est pourquoi j'ai senti, émue, avec ivresse, 
   Des pleurs s'ensevelir en mon coeur de tendresse,
   De ne pouvoir toujours prolonger le moment
   Qui nous avait bercés ainsi, divinement. 

   Vous qu'une blanche étoile, être heureux, accompagne,
   Jouez vos mêmes chants pour que l'oubli ne gagne
   De si doux souvenirs, et pour charmer vos jours ;
   Et puis, jouez encore... Et puis, chantez toujours ! ...

                                         Marie Ratté (1928)



Tiré de : Marie Ratté, Au temps des violettes, Beauceville, éditions L'Éclaireur, 1928, p. 77. 


Pour en savoir plus sur Marie Ratté, voyez les informations biographiques et documents sous ses poèmes Si l'espoir... et Hymne à la poésie (cliquer sur les titres). 


Le poème À un artiste, ci-haut, est tiré du recueil
Au temps des violettes, de Marie Ratté.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Marie Ratté à propos de l'Art et de la Beauté :


   Outre son recueil de poésies Au temps des violettes, paru en 1928, Marie Ratté a également publié, en 1939, un roman, Les fils de Mammon. Ce roman est de nos jours tout aussi introuvable que le recueil de poésies. Mais pour qui a la chance de lire cette oeuvre romanesque se révèle une écriture de haut vol, originale, avec des personnages crédibles et un récit captivant et dépourvu de rebondissements invraisemblables, comme on en voyait souvent dans les romans de l'époque. 

   Ce roman a notamment permis à Marie Ratté d'exposer certaines de ses vues sur l'Art et la Beauté, auxquels elle est restée toute sa vie profondément attachée. À ce propos, nous avons jugé bon de reproduire ci-dessous certains passages où la poétesse et romancière exprime sa vision : 

« Tu veux ma théorie ? Eh bien ! L'un des axiomes les plus anciens et les plus profonds est celui-ci : "Beauté est vérité". C'est par le désir et la compréhension de la Beauté que l'homme s'élève. Il semble que ce soit le but de son intelligence supérieure que de la découvrir et de la mettre en relief sur notre planète. Autrement, à quoi bon ? En ce qui concerne les fonctions de nutrition, de protection et de reproduction, les simples animaux dans leur sphère s'en tirent aussi bien que nous. Mais chaque fois que nous touchons la Beauté, il se produit dans notre âme un remous ineffable auprès duquel nos sensations purement matérielles s'effacent. Et plus grand est notre instinct divinatoire, plus grandes sont nos délices. C'est pourquoi il faut sans cesse cultiver notre "jardin secret"» (p. 37-38)

« Nous vivons avec nos valeurs spirituelles. Entends bien : je ne suis ni bigote, ni puritaine, au contraire. Mais l'esthétique naît des valeurs spirituelles. Et là où manque le sentiment de l'esthétique, la vie est insupportable. Quelqu'un l'a dit : "La vulgarité est insurmontable" » (p. 43). 

« Il semble qu'en dernier lieu, toutes les recherches et découvertes de l'homme tendent à un but final : la Beauté. Il ne l'atteint pas toujours, il s'en écarte souvent, mais il y tend sans cesse à son insu. Elle est comme l'instinct de son âme. C'est pourquoi il n'a jamais pu entièrement la définir. Il ne le pourra probablement jamais, car son essence se perd dans le grand mystère. L'artiste seul en a l'intuition. Je le tiens pour supérieur. Lui seul reçoit les influences du grand Cosmos. Je parle de l'artiste dans son sens le plus large, le plus élevé, de l'artiste créateur, capable de concevoir l'harmonie radiante ; et non pas de l'artiste par extension : on nomme aussi de l'eau quantité de petits ruisseaux qui ne sont pas l'océan. Ce que le savant apprend par expérience, le philosophe par raisonnement, l'artiste le sait déjà par intuition et au-delà. C'est là le sixième sens » (p. 58-59). 


... et aussi sur l'égalité entre l'homme et la femme : 


« Et voici la vérité que moi, ardente féministe, suffragette si vous voulez, voudrais faire retentir aux quatre soins de la planète : la femme ne veut pas être traitée comme une chose, un animal, un mythe, ou un ange tel que le vit le Moyen-Age, mais seulement comme un être humain.

[...]  Aussi longtemps qu'il y aura des femmes tenues en sujétion, aussi longtemps il se trouvera des hommes pour obéir aux tyrans. [...] Où règne la force, le droit et la justice ne sauraient prévaloir. Et qu'est-ce qu'une nation où les citoyens ne sont pas libres de se développer comme individus ? Dans certains pays, le titre de citoyen ne s'applique même pas à la femme, il est vrai. Place de mineure et d'irresponsable, position de valet. Voilà l'indignité flagrante, injuste » (p. 54). 


Les citations ci-haut sont tirées du roman
Les fils de Mammon, de Marie Ratté, qui
est malheureusement introuvable de nos
jours et qu'il serait certainement judicieux
de rééditer.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Le 22 juillet 2019, un hommage à Marie Ratté a eu lieu dans le cadre
des festivités du 150e anniversaire de son village natal de Baie-des-
Sables
. Il s'agissait d'une présentation sur la vie et l'œuvre de la
 poétesse et écrivaine par le concepteur des Poésies québécoises
 oubliées
et ponctuée par la lecture de poèmes tirés du recueil
Au temps des violettes, le tout suivi du dépôt d'une gerbe de
fleurs sur la tombe de Marie Ratté au cimetière du village.

Pour voir un photo-reportage sur cet événement, cliquer ICI

Pour visionner la vidéo de cet hommage, cliquer ICI.


Les voix de nos poètes oubliés nous sont désormais rendues. 
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de nos poètes oubliés, avec pour chacun un poème, une
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jeudi 21 mars 2019

Hymne à la poésie

Marie Ratté (1904-1961)

(Photo : Amos Carr, Hollywood)




   Divine poésie, élue à mon aurore,
   Et qui devait grandir encore avec le jour,
   Ma mère m'enseigna ton nom doux et sonore !
   C'est toi que je buvais sur ses lèvres d'amour. 

   C'est toi qui me donnas mon âme débordante,
   Mon âme qui s'étonne, afin de s'exalter,
   En plongeant au secret de la nature ardente ;
   Qui se meurt de désirs, et qui voudrait chanter !

   Chanter ! oh ! te chanter, auguste poésie !
   Avec l'hymne des cieux, l'azur du firmament, 
   Préparer pour ta fête un festin d'ambroisie
   Qui ferait de mes jours un éternel moment.

   Chanter ! je te chantais, sublime enchanteresse,
   Alors que tu flottais dans mes tresses au vent !
   Osant te bégayer quelques mots de tendresse,
   Je te voyais sourire à mon désir fervent. 

   C'est toi qui m'attendais quand, rêveuse fillette,
   J'allais seule m'asseoir, le jour, au bord des flots,
   Toi qui me fascinais au sein de la tempête,
   En rêvant aux lointains et sombres matelots !

            Obsession, délire, extase,
            Ô grave appel des profondeurs !
            Mon âme était comme le vase
            Où bouillaient de sourdes ardeurs ;
            Mon âme était comme une lyre ;
            Comme une enfant qui savait lire,
            Heureuse, avide de savoir :
            Je voulais l'énigme du monde,
            Je l'appelais du fond de l'onde,
            Comme d'un transparent miroir.

            Ô vision ! ô poésie !
            Sourire ému de l'Éternel,
            Ta douce image m'a saisie,
            Dis-moi le monde solennel.
            Dis-moi le monde où l'homme passe,
            Où le coeur avide ramasse
            Les miettes de son paradis ;
            Ne pouvant saisir le mystère,
            Répands ta vertu salutaire
            Sur le morne esprit engourdi. 

            Jette-nous la sainte espérance,
            Ailes de feu de l'avenir ;
            Reste consoler la souffrance
            Avec le sacré souvenir ;
            Que ce passé digne d'envie, 
            Noblesse grave de la vie, 
            Réapparaisse en mon chemin. 
            La route montante est mauvaise ;
            Pour que, toujours, mon coeur s'apaise,
            Comme autrefois, tends-moi la main. 

            Que n'ai-je la voix pour redire
            Ton nom béni, ton nom divin.
            Comment pourrais-je te décrire,
            Archet puissant du coeur humain ?
            Musique, lèvres inspirées,
            Lointain écho des empyrées,
            Pain de l'esprit et vin du coeur ?
            Humaine, faible, impuissante,
            Je sens ma plume frémissante
            À ton seul nom, fier et vainqueur.

   Oh ! m'inspirer de toi jusqu'à l'aube plénière,
   Où l'âme de la terre entrera dans l'azur
   Oublier les douleurs de l'heure journalière
   En toi, qui sait louer le dur devoir obscur. 

   Oh ! m'enivrer de toi dans les plaines du monde,
   Croire à toute beauté, au bonheur des désirs,
   Croire à la volupté infinie et profonde
   Qui germe dans la coupe âcre de nos soupirs.

   De claires visions, inonder ma prunelle,
   Goûter la joie de vivre et sa diversité,
   Mourir en évoquant ta promesse éternelle,
   Éclose dans mon coeur où vit l'immensité. 

                              Marie Ratté (novembre 1927)



Tiré de : Marie Ratté, Au temps des violettes, Beauceville, L'Éclaireur Limitée, 1928, p. 5-8.


Pour en savoir plus sur Marie Ratté, voyez la notice biographique, ainsi que les documents et photos sous son poème Si l'espoir, que les Poésies québécoises oubliées ont également présenté. Voyez aussi les documents ci-dessous.

Le 22 juillet 2019 à 15 heures, à Baie-des-Sables, village natal de Marie Ratté, la poétesse sera commémorée dans le cadre des fêtes du 150e anniversaire de la municipalité. Une conférence et une lecture de certains de ses poèmes auront alors lieu. Pour de plus amples informations, voyez ICI


L'Hymne à la poésie, ci-haut, est tiré du recueil
Au temps des violettes, de Marie Ratté.

Dédicace manuscrite de Marie Ratté dans
son recueil Au temps des violettes.

(Collection Daniel Laprès)

Dans le journal Le Soleil du 24 mars 1928, le poète-cultivateur Joseph Harvey
a publié cette recension du recueil Au temps des violettes, de Marie Ratté.

De Joseph Harvey, les Poésies québécoises oubliées ont présenté Songe intime.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Article paru dans Le Bulletin des
Agriculteurs
du 15 mars 1928.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Article de l'écrivain et journaliste Harry Bernard 
dans Mon Magazine, numéro de mars 1929.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le 11 septembre 1936, dans Le Progrès du Golfe, de Rimouski, Marie Ratté publiait
ce compte-rendu d'un voyage qu'elle avait effectué à Colon, au Panama.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Les voix de nos poètes oubliés nous sont désormais rendues. 
Le concepteur de ce carnet-web a publié l'ouvrage en deux 
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dimanche 2 septembre 2018

Si l'espoir...

Marie Ratté (1904-1961)

(Source : Pierre Ratté,
son neveu et filleul)





   On dit, mais je ne puis le croire,
   Qu'un jour vient où le coeur est las
   D'espérer, et qu'en sa mémoire
   Il n'est plus de parfums, hélas !

   Se peut-il que nos rêves meurent,
   Chers esquifs emportés soudain ;
   Que longtemps nos âmes les pleurent
   Sans retour d'autre lendemain ?

   Se peut-il que notre jeunesse
   Ait un soir comme le printemps
   Et que vaine soit notre ivresse
   Comme un souffle des autans ?

   Se peut-il qu'une onde glacée
   Préside aux destins du réel ?
   ― Où vas-tu, heure cadencée
   Où tout chante un hymne immortel ?
  
   Hélas ! si ma pauvre âme ardente
   Doit un jour pleurer et souffrir,
   Venez à l'heure confidente
   Me consoler, ô souvenirs !

   Faites vibrer avec tendresse 
   Encore mon luth éperdu,
   À vous ma dernière caresse
   Si l'espoir doit être perdu. 

                 Marie Ratté(1928)




Tiré de : Marie Ratté, Au temps des violettes, Beauceville, L'Éclaireur Limitée, 1928, p. 72-73.

* Marie Ratté est née le 15 mai 1904 à Notre-Dame-de-la-Baie-des-Sables (aujourd'hui Baie-des-Sables, dans la région de Matane), de Ferdinand Ratté, cultivateur, et de Gratia Larose. Elle fit ses études à l'école de sa paroisse natale et compléta sa formation à l'École normale de Rimouski dirigée par les Ursulines, où elle obtint un brevet-modèle le 17 juin 1921.
   Elle entra chez les Carmélites de Montréal en 1921, mais quitta la communauté en 1923. Elle enseigna à Saint-Damase (comté de Matapédia) de 1924 à 1930. Professeure de français dans diverses écoles de New-York de 1930 à 1960, elle interrompit son enseignement en 1936 pour aller à Paris, où elle se perfectionna à la Sorbonne.
   Membre de la Société des Poètes canadiens-français à partir de 1934, elle collabora sporadiquement, sous la direction de « Ginevra », aux pages féminine et littéraire du quotidien Le Soleil. Outre son recueil de poésies Au temps des violettes (1928), elle publia un roman, Les Fils de Mammon (1939).
   Rentrée au Québec en 1960, Marie Ratté est décédée à la Baie-des-Sables le 7 juillet 1961.
(Source principale : Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec,  tome 2, Montréal, éditions Fides, 1980, p. 103).  


Au temps des violettes, recueil de Marie Ratté
d'où est tiré le poème Si l'espoir...

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Dédicace manuscrite de Marie Ratté dans son
recueil Au temps des violettes.

(Collection Daniel Laprès ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Dans son livre Paragraphes, paru en 1931, le grand poète
Alfred DesRochers a fait une critique élogieuse du recueil
Au temps des violettes, de Marie Ratté. Il écrit notamment :
« Voilà un exercice réussi de main de maître. [...] 
Reconnaissez
à Mlle Ratté un savoir de son métier peu ordinaire ».

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

En 1933, Marie Ratté était récipiendaire
de cette nomination de l'Ordre Universel
du Mérite Humain, qui était basé à Genève,
pour son recueil Au temps des violettes.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Vue aérienne de Baie-des-Sables, dans la région de Matane,
où est née Marie Ratté en 1904 et où elle est morte en 1961.

(Source : Municipalité de Baie-des-Sables ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Marie Ratté, vers les années 1930,
photo par Amos Carr, de Hollywood.

(Source : 
gracieuseté de M. Pierre Ratté, 

neveu et filleul de la poétesse ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir) 

Marie Ratté vers les années 1940-50.

(Photo : gracieuseté de M. Pierre Ratté,
neuve et filleul de la poétesse ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Marie Ratté, devant le buste de Le Nôtre au Jardin des
Tuileries
, à Paris, probablement en 1936, lorsqu'elle 

séjourna dans cette ville pour étudier à la Sorbonne.

(Photo : gracieuseté de M. Pierre Ratté,
neveu et filleul de la poétesse ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Marie Ratté arrivant à la maison familiale, où elle s'éteignit des
suites d'un cancer le 2 juillet 1961, âgée de 57 ans. La maison
existe toujours et est située sur la route 132, à Baie-des-Sables.

(Photo : gracieuseté de M. Pierre Ratté, neuve et filleul
de la poétesse ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le décès de Marie Ratté, suite à un cancer, a eu lieu
dans la discrétion ;  on ne trouve que cette brève 
mention dans Le Progrès du Golfe du 21 juillet 1961.

(Source : BANQ

Marie Ratté repose au cimetière de son village natal de Baie- des
Sables, près de Matane, sur les bords du golfe du Saint-Laurent.

(Photo : gracieuseté de Mme Hélène Bernier)


Les voix de nos poètes oubliés nous sont désormais rendues. 
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