dimanche 4 mars 2018

Chant de Liberté

Oswald Mayrand (1876-1969)

(Source : son recueil 

Fleurettes canadiennes)




   Vois le ruisseau de la montagne
   Dédaigner un site enchanté
   Pour dérouler dans la campagne 
           Son onde en liberté. 

   Le fauve rugit dans sa cage,
   De la lumière dégoûté ; 
   Il tend vers la forêt sauvage
           Où dort sa liberté. 

   Sous un portique, Philomèle
   Pour les rois n'a jamais chanté ;
   Sous le ciel, à la brise il mêle
           Ses airs de liberté. 

   Le mendiant en sa détresse,
   Victime de la pauvreté,
   Errant... traîne dans l'allégresse
           L'or de sa liberté. 

   Qu'un prisonnier brise dans l'ombre
   Les fers de la captivité : 
   Vers son pays, par la nuit sombre,
           Il vole en liberté. 

   Le soldat défend sa patrie : 
   Pour elle que n'a-t-il quitté ?
   Il meurt pour son drapeau : la vie
           N'est rien sans liberté. 

   Tout vit pour toi dans la nature, 
   Seule tu donnes la gaieté ; 
   Sous le soleil la créature
           Meurt, sans toi, liberté.

   Arbre à la racine profonde,
   Par la main divine planté,
   De ton ombre couvre le monde,
           Sublime liberté !

            Oswald Mayrand* (1899)


Tiré de : Oswald Mayrand, Fleurettes canadiennes, Montréal, 1905, p. 13-14. 

* Journaliste, essayiste, chroniqueur et poète, Oswald Mayrand est né le 29 octobre 1876 à Saint-Philippe de Laprairie, de Zéphirin Mayrand, notaire, et de Cordélia Meunier dit Lapierre. Il fait ses études primaires à Contrecoeur, ses études classiques au Collège de Montréal et son droit à l'université McGill ainsi qu'à l'université Laval de Montréal, où il obtient son diplôme. 
Il se lance dans le journalisme et devient, après avoir occupé successivement plusieurs postes, rédacteur en chef (1900) de La Presse, puis du Progrès en 1908 et de La Patrie de 1908 à 1912, où il a créé la Patrie du dimanche. Il revient à La Presse en 1912. Directeur de l'agence Presse Canadienne de 1929 à 1938, il reçoit un doctorat honoris causa de l'University of New Brunswick (Fredericton) et de l'Université de Montréal en 1951. Il prend sa retraite en 1959. Il meurt à Montréal le 8 février 1969. Il avait épousé Orphise Gadbois le 12 mai 1902
Outre le recueil de poésies Fleurettes canadiennes (1905), Oswald Mayrand a également publié en 1960 ses mémoires, L'Apostolat du journalisme, puis un deuxième recueil de poésies, Chants ultimes, en 1964. 
(Sources : Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec, vol. 2, Montréal, éditions Fides, 1980, p. 581 ; Dictionnaire Guérin des poètes d'ici de 1606 à nos jours, deuxième édition, Montréal, Guérin éditeur, 2005, p. 953, qui affirme à tort que Mayrand n'aurait publié qu'un seul recueil de poésies, Fleurettes canadiennes, alors qu'il a également publié Chants ultimes). 

Fleurettes canadiennes, recueil
d'où est tiré Chant de liberté, ci-haut.
Devenu très rare, il n'en reste qu'un seul
exemplaire sur le marché : voyez ICI.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Dédicace d'Oswald Mayrand dans ses mémoires intitulés L'Apostolat
du journalisme
, parus en 1960. (Collection Daniel Laprès ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir) 

Oswald Mayrand, portrait par J.-Arthur Lemay
dans son album Mille têtes, 1931.

Article annonçant le décès d'Oswald Mayrand,
Le Devoir, 10 février 1969. (Source : BANQ ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

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