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mardi 9 avril 2019

Printemps tardif

Lucien Rainier (1877-1956)

(Source : Pierre de Granpré, Histoire de la
littérature française du Québec
, tome 2,
Montréal, éditions Beauchemin, 1968)




   Ombrageux Soleil, c'est bien malheureux
   Que vous nous gardiez si longtemps rancune !
   Que vous a-t-on fait, seigneur rigoureux ?
   Une inconvenue ? Une peine ? ― Aucune !

   Nous avons sans plainte, et, parfois, sans feu,
   Enduré l'hiver et gardé la chambre.
   Il serait grand temps d'innover, un peu !
   Qu'attendez-vous donc, ô boudeur ? Septembre ?

   Pourtant, tout est prêt à vous recevoir.
   Le bourgeon dehors se risque, pour voir
   S'il peut affronter votre humeur maussade...

   Mais si les oiseaux ― qui tiennent conseil 
   Auprès du Bon Dieu vont en ambassade, 
   Vous allez briller malgré vous, Soleil !

                                 Lucien Rainier(1931)



Tiré de : Lucien Rainier, Avec ma vie, Montréal, éditions du Devoir, 1931, p. 99. 

* Joseph-Marie Melançon (nom de plume : Lucien Rainier) est né à Montréal le 15 octobre 1877, de Moïse Melançon et d'Élodie Gaudet. Après ses études primaires à l'école Saint-Laurent, il entra au Collège Sainte-Marie, où il commence à s'intéresser à la poésie.
   En 1895, il fut un membre-fondateur de l'École littéraire de Montréal. Débutèrent dès lors ses amitiés avec les poètes Émile NelliganCharles Gill et Albert Lozeau. Dans Le Devoir du 22 février 1956 (p. 2) il est dit qu'il fut celui qui a initié Émile Nelligan à l'art poétique. 
   Entré au Grand Séminaire de Montréal en 1897, il fut ordonné prêtre le 22 décembre 1900. Durant les deux années suivantes, il enseigna les éléments latins au Collège de Montréal. Il occupa par la suite les postes de vicaire et de curé dans quelques paroisses, puis il devint aumônier auprès d'une congrégation religieuse.
  Il publia des poèmes dans divers journaux, dont Le SamediLe Monde Illustré et Le Nationaliste d'Olivar Asselin et de Jules Fournier. Son unique recueil de poésies, Avec ma vie, parut en 1931, aux éditions du Devoir. Ce volume fut couronné l'année suivante par l'Académie française. Le poète se vit alors officiellement fêté au Cercle Universitaire. Ses amis et les poètes de l'ancienne École littéraire de Montréal célébrèrent son triomphe dans diverses réunions intimes.
   Lucien Rainier est mort à Montréal le 20 février 1956. 
(Sources : Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, tome 2, Montréal, éditions Fides, 1980, p. 118-119 ; Dictionnaire Guérin des poètes d'ici de 1606 à nos jours, Montréal, éditions Guérin, 2005, p. 957) ; Claude Lavergne, Lucien Rainier, Montréal, éditions Fides, collection Classiques canadiens, 1961, p. 15-16



Le sonnet Printemps tardif, ci-haut, est tiré
du recueil Avec ma vie, de Lucien Rainier.
On peut s'en procurer ICI, ICI et ICI de
rares exemplaires.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Signature de Lucien Rainier dans un exemplaire
du tirage de luxe de son recueil Avec ma vie.

(Collection Daniel Laprès ;
cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Mention de la publication du recueil Avec ma vie
dans Le Devoir du 7 décembre 1931.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

En 1966, cette étude détaillée de la vie et
de l'oeuvre de Lucien Rainier a été publiée
par Soeur Marie-Henriette-de-Jésus, qui
avait bien connu le poète et eu accès à
ses archives, dont sa correspondance.
On peut se procurer le seul exemplaire
encore disponible de ce très intéressant
ouvrage chez le libraire François Côté.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Plaquette contenant plusieurs poèmes de
Lucien Rainier et parue en 1961 dans la
collection "Classiques canadiens". On peut
en trouver quelques exemplaires à bas prix
ICI, ICI, ICI, ICI, ICI et ICI.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Article de l'écrivain et critique littéraire Harry Bernard soulignant la mort
de Lucien Rainier, dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe du 6 avril 1956.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

mercredi 11 juillet 2018

La Musique

Lucien Rainier (1877-1956)

(Source : Claude Lavergne, Lucien Rainier,
Montréal, éditions Fides, 1961)




   Ce soir, l'Illusion s'embarque sur la grève
   en robe harmonieuse et merveilleux atours...
   L'esquif est en partance au quai flottant du Rêve
   et l'heure du départ sonne au sommet des tours !..

   Ce soir, l'Illusion s'embarque sur la grève ; 
   elle fuit le château ténébreux de l'Ennui ; 
   elle fuit le chagrin de la vie ; elle fuit
   le bruit sourd d'un passé qui remonte sans trêve.

   En robe harmonieuse et merveilleux atours,
   la voici : son petit page porte sa traîne...
   La couronne du rythme est à son front de reine ;
   l'accord est à ses pieds comme un  de velours.

   L'esquif est en partance au quai flottant du Rêve.
   Les abords sont fleuris qu'éclairent des falots.
   On entend les refrains de lointains matelots.
   Sur la mer, un joli clair de lune se lève...

   Et l'heure du départ sonne au sommet des tours !
   Qui sait vers quel naufrage elle vogue ? Qu'importe !
   Là-bas, l'île argentée où la brise l'emporte
   recule infiniment ses vaporeux contours...

   Le Flot, le flot divin et sonore l'enchante !
   Ah ! mon âme est partie avec elle!.. Et, toujours,
   elle accompagnera l'Illusion qui chante
   en robe harmonieuse et merveilleux atours!..  

                                 Lucien Rainier(1908)




Tiré de : Lucien Rainier, Avec ma vie, Montréal, Éditions du Devoir, 1931, p. 141-142. Ce poème fut antérieurement publié dans Le Nationaliste du 27 décembre 1908. Dans son journal intime, Lucien Rainier évoqua ce poème dans les termes suivants : 

« J'en profite pour ajuster une poésie sur la musique dont l'inspiration m'était venue, en 1908, d'un vers de Baudelaire : "La musique souvent me prend comme une mer"Bien des fois depuis, j'ai essayé de mettre au point cette poésie. Quelque chose y manquait. Mais quoi ?... Donner cette impression d'imprécision, de vaporeux que la musique nous procure et, en même temps, ne pas être obscur : tel était le problème. Il n'y a que le symbolisme pour réussir ce tour de force. J'ai changé le nom de mon héroïne qui s'appelait l'âme du Clavecin. Elle est devenue, après beaucoup d'avatars : l'Illusion. J'ai ajouté une strophe. Surtout, j'ai fait disparaître le mot : musique, qui n'existe plus que dans le titre. Il me semble que, cette fois, ça y est ! au point de vue artiste, si ça n'est pas là ma meilleure poésie, je ne connais plus rien !...» 
(Source : Claude Lavergne, Lucien Rainier, Montréal, éditions Fides, collection Classiques canadiens, 1961, p. 48). 

* Joseph-Marie Melançon (nom de plume : Lucien Rainier) est né à Montréal le 15 octobre 1877, de Moïse Melançon et d'Élodie Gaudet. Après ses études primaires à l'école Saint-Laurent, il entra au Collège Sainte-Marie, où il commence à s'intéresser à la poésie.
   En 1895, il fut un membre-fondateur de l'École littéraire de Montréal. Débutèrent dès lors ses amitiés avec les poètes Émile NelliganCharles Gill et Albert Lozeau. Dans Le Devoir du 22 février 1956 (p. 2) il est dit qu'il fut celui qui a initié Émile Nelligan à l'art poétique. 
   Entré au Grand Séminaire de Montréal en 1897, il fut ordonné prêtre le 22 décembre 1900. Durant les deux années suivantes, il enseigna les éléments latins au Collège de Montréal. Il occupa par la suite les postes de vicaire et de curé dans quelques paroisses, puis il devint aumônier auprès d'une congrégation religieuse.
   Il publia des poèmes dans divers journaux, dont Le Samedi, Le Monde Illustré et Le Nationaliste d'Olivar Asselin et de Jules Fournier. Son unique recueil de poésies, Avec ma vie, parut en 1931, aux éditions du Devoir. Ce volume fut couronné l'année suivante par l'Académie française. Le poète se vit alors officiellement fêté au Cercle Universitaire. Ses amis et les poètes de l'ancienne École littéraire de Montréal célébrèrent son triomphe dans diverses réunions intimes.
   Lucien Rainier est mort à Montréal le 20 février 1956. 
(Sources : Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, tome 2, Montréal, éditions Fides, 1980, p. 118-119 ; Claude Lavergne, Lucien Rainier, Montréal, éditions Fides, collection Classiques canadiens, 1961, p. 15-16 ; Dictionnaire Guérin des poètes d'ici de 1606 à nos jours, Montréal, éditions Guérin, 2005, p. 957). 


Avec ma vie, recueil de Lucien Rainier d'où est
tiré le poème La musique. On peut en trouver de
rares exemplaires ICI, ICI et ICI

Fascicule paru en 1961 contenant plusieurs
poèmes de Lucien Rainier. On peut en trouver
des exemplaires ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, et ICI

Lucien Rainier à l'époque (vers 1895)
où, avec Émile Nelligan, il était membre
de l'École littéraire de Montréal.

(Source : Pierre de Grandpré, Histoire de
la littérature française du Québec
, tome 2,
Montréal, éditions Beauchemin, 1968)

Article de l'écrivain Harry Bernard (nom de plume «L'Illettré»)
 soulignant la mort de Lucien Rainier dans
Le Courrier de Saint-Hyacinthe du 6 avril 1956.

(Source : BANQ :
cliquer sur l'article pour l'agrandir)


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