vendredi 5 mars 2021

Nous souffrons aujourd'hui, mais nous vaincrons demain

Les sœurs Desloges et les gardiennes de l'école Guigues, Ottawa, 1916.

(Sources : Archives municipales de la ville d'Ottawa)




          (Fragment)

   Gémirez-vous encore, ô mânes des aïeux,
         En empruntant à l'onde,
   Lorsque le soir viendra, ses sons mystérieux ; 
         Ou dans la nuit profonde,
   Vos accents seront-ils des chants victorieux ?

   Ô sublimes vainqueurs des causes toujours belles,
         Âmes des vieux guerriers,
   Vous avez dû frémir, aux voûtes éternelles,
         Et vos anciens lauriers
   Ont dû sentir germer en eux des fleurs nouvelles ! 

   Et, dans les flots chéris de l'Ottawa ronflant,
         C'est votre voix qui chante
   Cette douce chanson au refrain triomphant
         Dont l'harmonie enchante
   Et que, des noirs remous, nous apporte le vent. 

   Oui, lancez vers le ciel vos torrents d'harmonie,
         Maintenant, flots berceurs ;
   Oui, chantez dans le soir la rive bénie
         Vos accents de douceur.
   Le triomphe s'en vient : la famille est unie ! 

   Cherche donc en ton cœur, Anglais au fourbe front,
         Quelques hontes infâmes,
   Dont tu voudras encore faire subir l'affront
         À l'orgueil de nos âmes,
   Et tu verras comment nos cœurs les recevront.

   Vous pouvez essayer, dans votre ardeur impie,
         Bourreaux des libertés,
   En buvant à longs traits au vase d'infamie
         Ses âpres voluptés,
   De dompter notre orgueil en brisant notre vie.

   Mais vous ne broierez pas au creux de votre main
         L'espoir que nos cœurs portent.
   Nos triomphes d'hier, un triste lendemain
         Les a suivis ; n'importe,
   Nous souffrons aujourd'hui, mais nous vaincrons demain. 

                                           J.-A. Émile Asselin (1917)



Extrait de : J.-A. Émile Asselin, Les Mamans ontariennes, Ottawa, Le Droit, 1917, p. 39-41. 

Pour en savoir plus sur le combat des soeurs Desloges 
(Diane, 1892-1945 et Béatrice, 1895-1957), 
respectivement à gauche et à droite sur la photo 
suivante, et des mères ontariennes pour les droits 
scolaires des Franco-Ontariens, cliquez sur la photo : 



Pour consulter ou télécharger gratuitement l'intégralité du 
poème Les Mamans ontariennesde J.-A. Émile Asselin, 
dont un extrait est présenté ci-haut, cliquer sur la 
couverture du volume :


L'école Guigues, dont l'édifice existe toujours au 159 rue Murray, à Ottawa,
est le lieu principal de la lutte pour les droits scolaires des Franco-Ontariens
dans la foulée du Règlement 17 qui visait à les priver d'instruction dans leur
langue maternelle. 

(Sources : Plaque : Waymarking ; édifice : Wikipedia)


Le journal Le Droit du 7 janvier 1916 décrit un 
épisode marquant du combat des sœurs Desloges
et des mères franco-ontariennes pour les droits
scolaires de leurs enfants. Pour lire l'article qui
décrit cette scène  rocambolesque, 
cliquer sur le titre : 


Éditorial du journal Le Droit, 7 janvier 1916.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)


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